Cannes 2013: Baz Luhrmann signe un magnifique «Gatsby»

CINEMA Après avoir fait l'ouverture du Festival de Cannes en 2001 avec «Moulin Rouge!», Baz Luhrmann remet le couvert pour le superbe «Gatsby le magnifique». Il montera les marches pour l'ouverture du Festival avec ses stars Leonardo Di Caprio, Carey Mulligan et Tobey Maguire...

Caroline Vié
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L'acteur américain Leonardo DiCaprio le 1er mai 2013 lors de la première de «Gatsby le Magnifique», à New York.
L'acteur américain Leonardo DiCaprio le 1er mai 2013 lors de la première de «Gatsby le Magnifique», à New York. — MEDIA PUNCH / UNIMEDIA / SIPA

Baz Luhrmann, réalisateur de Moulin Rouge! et Australia, est de retour sur la Croisette avec cette nouvelle adaptation de Gatsby le Magnifique. Il a transformé Leonardo DiCaprio (qu’il avait déjà dirigé dans Roméo + Juliette) en héros tragiquement romantique prêt à tout sacrifier pour conquérir l’élue de son cœur. Le cinéaste australien est revenu sur cette pour 20 Minutes.

Gatsby correspond-il à votre conception de romantisme?

Absolument! C’est un homme qui croit en l’absolu, qui veut tout donner au point de se perdre. Je pense qu’il est tout à fait possible de se conduire ainsi par amour.

Le personnage vous semble-t-il moderne?

Il m’est parfois arrivé de croiser des gens riches et de me demander d’où venait leur fortune. Gatsby pourrait donc exister aujourd’hui. Les fêtes somptueuses qu’il donne chez lui ne sont pas si différentes de celles auxquelles on peut assister de nos jours.

Est-ce pour cela que vous avez choisi des musiques actuelles?

C’est un peu ma marque de fabrique. J’ai commencé par me documenter à fond sur l’époque, le roman et son auteur. Une fois que je suis prêt, je peux me permettre de prendre des libertés. F. Scott Fitzgerald adorait le jazz, la musique moderne de son temps: je ne me suis pas tant éloigné de lui choisissant ma bande-son.

Vous êtes cependant resté très proche du livre…

C’est parce que je le trouve merveilleux. Quand je pense que F. Scott Fitzgerald s’est fait laminer par la critique au moment de la publication du roman, cela me rend furieux. Je suis triste de penser qu’il est mort sans avoir su que Gatsby est passé à la postérité, mais heureux de contribuer à le faire connaître davantage.

Considérez-vous votre film comme un mélodrame?

C’est un mélodrame flamboyant mais ce n’est pas que cela. J’ai tenu à conserver la charge virulente de la société américaine et d’une certaine élite. Ce sujet est aussi très actuel: le fossé entre les riches et les pauvres est aussi profond que dans les années 20.

Comment s'est passé le travail avec les acteurs?

Tous ont été épatants. Je les considère un peu comme des instruments de musique dont la sonorité m’émerveille souvent. Leonardo DiCaprio m’a notamment bluffé. Le beau violon qu’il était sur Roméo   Juliette est devenu un Stradivarius.

Le relief était-il important pour vous?

J’ai beaucoup revu, et montré à mon équipe et à mes acteurs Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock, une merveille dans le domaine de l’utilisation du relief. Ce procédé m’a aidé à immerger le spectateur dans les séquences de fête du début. Je souhaitais que le public puisse avoir l’impression d’y participer. Puis qu’il se laisse progressivement emporter vers des scènes intimistes.

Etes-vous heureux de revenir à Cannes?

Cette ville et ce festival sont riches en beaux souvenirs pour moi, mais je suis particulièrement excité à l’idée de m’y rendre pour la première fois avec mes deux enfants.

Blu-Ray -  Robert Redford, l'autre Gatsby

Avant Leonardo DiCaprio, Robert Redford a incarné Gatsby, le milliardaire fou d'amour pour Mia Farrow dans une adaptation du roman signée par Jack Clayton. Cette version tournée en 1974, est à redécouvir en salles ou sur un superbe Blu-Ray sorti fort à propos. (Paramount Home Entertainement, 20 euros)