«Mama», la nouvelle production à frissons de Guillermo del Toro

CINEMA Un fantôme maternel et jaloux sème la mort autour de deux gamines dans «Mama» avec Jessica Chastain, film d'horreur primé au Festival de Gérardmer

Caroline Vié

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Cinema - Mama -
Isabelle Nelisse, Megan Charpentier
Cinema - Mama - Isabelle Nelisse, Megan Charpentier — Universal Pictures Germany

Guillermo Del Toro aime le cinéma d’horreur et l’a prouvé dès son premier long-métrage Cronos présenté en 1993 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. Depuis, Del Toro s’est illustré dans le domaine du cinéma de genre tant comme réalisateur (Le labyrinthe de Pan) que comme producteur (L’orphelinat de Juan Antonio Bayona). Toujours en quête de nouveaux talents, il révèle cette fois celui d’Andres Muschietti pour Mama, fable horrifique, poétique et joyeusement macabre primé au Festival de Gérardmer.

 Mama mia ! 

Tout commence quand deux gamines sont abandonnées en forêt par leur père assassin vite éliminé par un fantôme à l’instinct maternel surdéveloppé. Mama prend très au sérieux son rôle de gardienne des orphelines. Lorsque ces dernières, recueillies après des années de vie sauvage, sont confiées à leur oncle et sa copine musicienne, Mama n’est pas enchantée. Elle emménage avec tout ce petit monde et commence à lui pourrir l’existence. On ne se débarrasse pas de Mama aussi facilement que ça… Le jeune réalisateur s’était fait les dents sur un court-métrage réalisé en 2008 et inspiré par la même histoire. Repéré par Del Toro, il se lance cette fois dans le « long » et démontre un don pour faire frissonner son public tout à fait appréciable. Epaulé par Jessica Chastain, impeccable en rockeuse voyant éclore sa fibre maternelle, il s’amuse à mitonner une histoire de famille pas tout à fait comme les autres.

Une gueule d’atmosphère

Le spectre de Mama, très réussi, est l’un des points forts du film. Entre apparition gothique et fantôme asiatique, il se révèle d’une étrange beauté. Andres Muschietti a eu l’heureuse idée d’insister davantage sur l’atmosphère inquiétante d’une grande demeure que sur les effets gore. La justicière spectrale est fort douée pour surgir au moment le plus inattendu et nous faire sursauter sur notre fauteuil. Son histoire prend pourtant une tournure émouvante quand on découvre ses origines au fil d’une enquête serrée. On a presque envie de crier « Mama, on t’aime ! » après une fin plutôt culottée... C'est d'ailleurs ce qu'a fait le public amércain qui a propulsé le film aux sommets du box-office.