«The Land of Hope»: Un cinéaste japonais déclare la guerre au nucléaire

CINEMA Fiction autour d'une catastrophe nucléaire...

Caroline Vié

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Le réalisateur japonais Sion Sono revient sur la catastrophe de Fukushima dans The Land of Hope.
Le réalisateur japonais Sion Sono revient sur la catastrophe de Fukushima dans The Land of Hope. — Metropolitan FilmExport

 Sono Sion est un homme courageux et un sacré réalisateur. Loin de l'univers sulfureux de Guilty of Romance (2011), il signe avec The Land of Hope, un fim terrifiant sur les conséquences d'un tremblement de terre entraînant une catastrophe nucléaire dans une petite ville du Japon. « Il ne s'agit pas de Fukushima car mon film est une fiction », plaisante-t-il.

Aux frontières du documentaire

Le cinéaste suit les destins de plusieurs victimes du drame : jeune couple qui s'éloigne de la centrale pour avoir un bébé ou parents préférant demeurer sur place au risque de se faire évacuer manu militari. « J'ai rencontré beaucoup de gens vivant dans les environs de Fukushima et j'ai été frappé par le fait qu'ils étaient dans un déni total. Ils préfèrent oublier le danger qui les menace. » Même certaines situations ubuesques comme une maison séparée en deux par les autorités correspondent à la réalité. « On a dit aux habitants qu'ils étaient en danger dans leur salon et pas dans leur cuisine », se souvient Sono Sion. Le réalisateur ne s'est pas fait que des amis dans un pays où parler de la catastrophe est est jugé antipatriotique. « J'estime qu'il était de mon devoir de citoyen de tirer la sonnette d'alarme pour mettre les gens en garde contre le nucléaire, mais je ne suis pas persuadé que le cinéma suffise à faire bouger les choses,  » convient Sono Sion qui a organisé de nombreux débats autour de son film dans son Japon natal. « Le problème est universel », précise le cinéaste, qui va maintenant s'attaquer à un sujet nettement plus léger en signant une comédie sur la masturbation.

La bande annonce: