«Paradis: foi»: Ulrich Seidl, cinéaste autrichien, secoué et frappé

CINEMA Après la prostitution, le réalisateur s'attaque au prosélytisme religieux...

Caroline Vié

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Paradis : espoir clôt la trilogie.
Paradis : espoir clôt la trilogie. — Happiness Distribution

Ulrich Seidl avait fait sensation au Festival de Cannes dernier avec le controversé Paradis: amour où une femme mûre s'offrait les services d'escort boys africains. Le réalisateur clôt sa trilogie de portraits féminins avec Paradis: foi et Paradis: espoir, deux opus aux petits oignons à déguster sans tarder.

Dans le premier, une grenouille de bénitier particulièrement secouée pratique un prosélytisme agressif entre deux séances d'autoflagellation. Dans le second, sa nièce en surpoids tente de s'alléger dans un centre où les obèses perdent leur graisse à grand renfort de tortures physiques et morales. Il ne fait pas bon être une héroïne d'Ulrich Seidl.

Le réalisateur autrichien ne ménage pas ses dames qu'il maltraite pour mieux pointer du doigt les maux de notre société. Si le cinéma d'Ulrich Seidl n'est pas aimable, il est réjouissant pour peu qu'on ait l'âme chevillée au corps et le cœur bien accroché. Pourtant, Seidl révèle ici une humanité qui ne lui est pas habituelle dévoilant un aspect plus sensible de sa personnalité. Si on osait, on dirait que ce cynique manifeste même une certaine tendresse pour ces femmes dont le corps est une source constante de soucis et d'humiliation. On finit même par les aimer…

La bande annonce:


Paradis : foi