«L'écume des jours»: Stéphane Rozenbaum, le magicien des décors

DECORS Stéphane Rozenbaum est le chef décorateur de L'écume des jours. Il a évoqué son expérience pour «20 Minutes»...

Caroline Vié

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Stéphane Rozenbaum, le décorateur de Michel Gondry.
Stéphane Rozenbaum, le décorateur de Michel Gondry. — P. WILLAME

Stéphane Rozenbaum est légitimement fier de son travail sur L’écume des jours de Michel Gondry. Le chef décorateur qui avait déjà collaboré avec le réalisateur  sur La science des rêves s’est livré à un travail titanesque pour récréer le monde de Boris Vian. C’est avec passion que ce grand professionnel nous a parlé de son travail.

Etait-il facile de satisfaire les désirs de Michel Gondry pour les décors de L’écume des jours?

J’ai essayé de me mettre à la hauteur de ses exigences. Je commence à savoir comment fonctionne Michel ce qui m’aide à comprendre ce qu’il veut, mais il m’a épaté tous les jours par son inventivité. Ce projet lui tenait vraiment à cœur. Il m’envoyait parfois des mails à deux heures ou à quatre heures du matin parce qu’il a tout le temps de nouvelles idées.

Quel est l’accessoire dont vous êtes le plus content?

J’aime beaucoup la limousine transparente de Chloé et de Colin. A l’origine, Michel souhaitait une Cadillac car il voulait rendre hommage à la passion de Boris Vian pour l’Amérique. Quand Peugeot est devenu partenaire du film, il nous a fallu la transformer notamment en modifiant les ailes et en lui ajoutant des phares de 404 afin qu’elle corresponde à ces nouveaux critères.

Etait-il difficile de travailler avec des artisans que vous ne connaissiez pas avant le tournage?

J’ai tourné beaucoup de pub à l’étranger donc je suis habitué à gérer des équipes que je rencontre pour la première fois. Je me sens même parfois plus libre dans ce cas de figure.

Quel a été le décor le plus difficile à construire?

L’appartement de Colin. Nous en avons d’abord créé une version extérieure sur le toit du journal Libération parce que Michel souhaitait bénéficier de vraies vues de Paris et d’une lumière naturelle. Je suis très content du résultat.

Quel sentiment ressentez-vous maintenant que le film est terminé?

Je suis très fier du fait que nous avons tout pu faire fabriquer en France. Nous avons trouvé des artisans épatants qui ont su donner corps aux visions de Michel et Boris Vian. Quand j’ai vu le film, j’ai été très ému en repensant à tout cela puis j’ai versé ma petite larme car j’ai apprécié l’histoire pour la première fois.

Avez-vous gardé un souvenir du tournage?

Le poivre et le sel, petits personnages qu’on trouve sur la table de Colin. Je les adore.