«The Grandmaster», ou le grand retour de Wong Kar-wai

KUNG-FU Le réalisateur d'«In the Mood for Love» et «My Bluberry Nights» enchante et éblouit...

Caroline Vié

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Tony Leung-Chiu wai, acteur fétiche de Wong Kar-wai.
Tony Leung-Chiu wai, acteur fétiche de Wong Kar-wai. — Wild Bunch Distribution

On n'avait plus entendu parler de Wong Kar-wai depuis My Blueberry Nights en 2007, mais ça valait la peine. Le réalisateur d'In the Mood for Love laissait le temps au temps pour peaufiner The Grandmaster, fresque éblouissante sur le maître d'arts martiaux Yip Man. «Je souhaitais montrer différents types de combats, explique le cinéaste, et revenir à l'essence même des arts martiaux tout en évoquant les origines de Hongkong. Le destin de cet homme exceptionnel me permettait d'aborder tous ces sujets dans un seul film.»

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Wong Kar-wai a fait apel à Yuen Woo-Ping, le chorégraphe de Tigre et dragon et Kill Bill pour que ses acteurs, Tony Leung-Chiu wai et Zhang Ziyi, s'envolent de façon crédible. «J'ai évité de leur dire que le tournage allait s'étendre sur trois ans, précise le cinéaste. Ils en ont vraiment bavé!» Le réalisateur aussi, qui a mis presque dix ans à concrétiser son projet. «J'ai parcouru la Chine pour rencontrer les plus grands maîtres et essayer de comprendre pourquoi les arts martiaux fascinent toujours autant.»

Un poème filmé

La contribution du chef opérateur français Philippe Le Sourd a été essentielle pour ce poème filmé: «On avait travaillé ensemble sur des pubs et je savais qu'il était un fan d'arts martiaux.» La splendeur des tableaux animés est à couper le souffle. Un affrontement devant un train en marche ou un combat sensuel entre les deux héros laissent bouche bée. Wong Kar-wai, cinéaste esthète, livre une ode merveilleuse à l'art martial et à la beauté du mouvement.

Il était une fois yip man

Yip Man ou Ip Man (1893-1972) est surtout connu en Occident pour avoir été brièvement le professeur de Bruce Lee. Il est l'un des maîtres de Wing Chun, art martial qu'il développa en Chine, à Macao et à Hongkong où il fit partie de la police après avoir fui le communisme.