Bellocchio nous réveille en beauté

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Huppert attend le réveil de sa fille.
Huppert attend le réveil de sa fille. — BELLISSIMA FILMS

 

Le réalisateur de Vincere n'est pas tendre avec ses concitoyens. Dans La Belle Endormie, Marco Bellochio jongle avec les histoires parallèles de personnages confrontés au coma d'un proche et aux décisions douloureuses qu'implique cette situation.

«Je suis parti de l'affaire Eluana Englaro, jeune Italienne dont l'arrêt du traitement après dix-sept ans de coma a divisé l'Italie, raconte-t-il. Mon film va cependant beaucoup plus loin en invitant le spectateur à se concentrer sur le problème de la fin de vie.» Ce long métrage esthétique et militant n'est pas fait pour être aimable. «J'y montre à quel point l'Italie est devenue un pays cynique dans lequel je ne me sens pas à mon aise», déclare le septuagénaire toujours aussi virtuose pour diriger de grands comédiens comme Isabelle Huppert ou Toni Servillo. «J'espère que ces têtes d'affiche attireront le public, affirme-t-il. Bien que j'ai tenté de montrer mon pays dans sa diversité, l'euthanasie est un problème universel que chaque contrée doit aborder de front.» Loin d'assoupir, La Belle Endormie stimule les cellules grises en posant des questions nécessaires sur la responsabilité et la notion de choix. C. V.