Mort de Roger Ebert: «Une perte incalculable pour le cinéma», selon Scorsese

CINEMA Il était l'un des plus grands critiques de cinéma américains, et le premier à avoir reçu le prix Pulitzer...

A.L

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Roger Ebert en 2005. 
Roger Ebert en 2005.  — 04/04/2013

C'est «le cœur lourd» que le Chicago Sun Times, pour lequel travaillait Roger Ebert depuis plus de 40 ans, a annoncé la mort de son critique cinéma. Roger Ebert est décédé jeudi à l'âge de 70 ans d'un cancer qu'il combattait depuis 2002. Sur son blog, qu’il tenait très régulièrement à jour, il avait annoncé mardi que son cancer de la thyroïde était revenu et qu’il devrait réduire ses activités.

Le décès d'un critique de cinéma fait rarement la une des journaux. Mais Roger Ebert était l’un des plus grands, et sans doute le plus célèbre des Etats-Unis. En 1975, il avait été le premier critique à recevoir le Prix Pulitzer pour la qualité de ses textes. Tout au long de sa carrière, Roger Ebert «a célébré l’excellence au cinéma tout en dénonçant la piètre qualité, le manque d’originalité ou la médiocrité (de certains films) avec un regard aiguisé, un esprit vif et une profonde culture», écrit le Chicago Sun Times ce vendredi.

Roger Ebert s’était aussi fait connaître du grand public à travers le duo d'anthologie qu’il formait à la télévision avec son compère Gene Siskel, décédé en 1999. C’est dans leur émission, «Siskel & Ebert at The Movies», que s’est imposée sa marque de fabrique, les «deux pouces levés» qu’il attribuait aux films qu’il aimait.

«Ebert était le cinéma», réagit Obama

De très nombreuses personnalités lui ont rendu hommage ce vendredi, qu’elles soient issues ou non du monde du cinéma. «Pour une génération d'Américains, et spécialement les habitants de Chicago, Roger Ebert était le cinéma. Quand il n'aimait pas un film, il était honnête, quand il aimait, il était effusif. Le cinéma ne sera plus le même sans lui», a réagi Barack Obama dans un communiqué.

«C'est une perte incalculable pour la culture cinématographique et la critique de films. C'est aussi une grande perte personnelle», a confié au Chicago Sun Times Martin Scorsese, qui travaille sur un film consacré au critique. «Roger adorait les films. Ils étaient sa vie. Ses critiques allaient bien plus loin que deux pouces vers le haut ou deux pouces vers le bas. Il écrivait avec passion et une grande connaissance du cinéma et de son histoire», a ajouté Steven Spielberg.