«11.6»: Un billet pour le cinéma

CINEMA «11.6» s'inspire de l'histoire du casse du convoyeur de fonds Toni Musulin...

Jérémy Laugier

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François Cluzet, qui incarne Toni Musulin, sur le tournage, à Lyon, le 5 juillet.
François Cluzet, qui incarne Toni Musulin, sur le tournage, à Lyon, le 5 juillet. — C. VILLEMAIN / 20 Minutes

L'histoire aurait pu être prétexte à un énième film d'action pure. Mais dans 11.6, qui sort en salles ce mercredi, Philippe Godeau s'intéresse surtout à la psychologie de Toni Musulin, condamné à cinq ans de prison ferme en septembre 2010 pour le vol de 11,6 millions d'euros, ainsi qu'au contexte social entourant l'ex-convoyeur de fonds lyonnais. Et si les nombreuses scènes tournées à la Confluence révèlent un sérieux anachronisme au vu de l'évolution majeure du quartier depuis 2009, les spécialistes apprécient «le réalisme de cette fiction réussie». «Le film rapporte environ 80% de l'histoire réelle», indique Me Christophe qui a «modestement collaboré avec scénaristes et réalisateur à la perception» de son client Toni Musulin. 

François Cluzet salué 

L'avocat, qui effectue même une apparition «clin d'œil» dans le film, souligne notamment la convaincante interprétation de François Cluzet, «tout en nuances». Alors que son livre Toni 11,6: Histoire du convoyeur a été librement adapté pour ce film, Alice Géraud-Arfi partage cet enthousiasme concernant l'acteur d'Intouchables. «Il a beau n'avoir ni son physique, ni son âge, il retranscrit très bien le côté extrêmement taiseux de Toni Musulin, qui se laisse peu déchiffrer», confie la journaliste, qui avait pu rencontrer à quatre reprises à la prison de Corbas le convoyeur surnommé «le Robin des Bois des temps modernes».

L'équipe de 11.6, qui n'a jamais rencontré Toni Musulin (42 ans), a effectué de véritables choix de narration. «Cela reste leur histoire, à l'image de la partie totalement fictive avec la guide de haute montagne italienne, révèle Alice Géraud-Arfi. Ses liens assez troubles avec l'ex-Yougoslavie et les 2, 5 millions d'euros manquants ne sont au contraire pas du tout évoqués.» «L'objectif du réalisateur est avant tout de plonger le spectateur dans la tête de Toni Musulin. Après, il faut bien que chacun garde une part d'imaginaire…», sourit Me Christophe Cottet-Bretonnier.

Voir la bande-annonce du film:

Un fait divers qui avait défrayé la chronique

Le 5 novembre 2009, Toni Musulin, convoyeur de fonds pour la societé Loomis, s'enfuit au volant de son fourgon contenant 11,6 millions d'euros. Deux jours plus tard, la police retrouve dans un box du 8e, une partie de l'argent. Il manque néanmoins 2,5 millions d'euros. Toni Musulin se rend à la police de Monaco le 16 novembre. Depuis ce jour-là, il nie avoir caché l'argent manquant.