L'Iran veut poursuivre «Argo» en justice

CINEMA Selon l'Associated Press, l'avocate française Isabelle Coutant-Peyre aurait été appelée par les autorités iraniennes...

A.L

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Photo extraite du film «Argo».
Photo extraite du film «Argo». — Warner Bros. France

Avant même sa sortie, l’Iran avait le film de Ben Affleck dans le collimateur. Puis, au lendemain des Oscars, les médias iraniens avaient qualifié de «politique» la victoire d’Argo, interdit en Iran, critiquant le choix de Michelle Obama pour l’annoncer.  

Les choses vont désormais plus loin, puisque d’après l’Associated Press, les autorités de Téhéran seraient sur le point de poursuivre le film en justice, pour la vision «négative et mensongère» qu’il véhicule à travers son récit de l’exfiltration par la CIA des six otages américains retenus dans une ambassade de Téhéran en 1979.

Qui serait ciblé en cas de plainte? Ben Affleck? La Warner, distributeur du film? George Clooney, le producteur? Aucune information n’a filtré. On sait seulement que l’avocate française Isabelle Coutant-Peyre, connue pour avoir défendu le terroriste Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos, a discuté avec les autorités iraniennes d’un éventuel procès et de ses conditions.

Affleck: «C’est comme si l’histoire se répétait»

Comme le rapporte le blog du Monde «Nouvelles d’Iran», Téhéran a organisé ce lundi une conférence sur «L'illusionnisme d'Hollywood» pour «analyser les origines du film Argo». Le blog cite Nader Talebzadeh, critique de cinéma pour lequel «les Etats-Unis, fragilisés, cherchent à éviter des guerres civiles dans ce pays en réalisant certains films».

«C’est comme si l’histoire de notre relation avec l’Iran se répétait», estimait de son côté Ben Affleck en octobre dernier lors d’une interview au Hollywood Reporter. «C’est le même régime. C’était Khomeni, c’est Khameini – il y a encore ce régime islamiste, staliniste, et ça m’attriste. Je me dis que certes, c’est génial qui se passe dans le film, l’Amérique a eu l’impression de faire quelque chose de bien, mais on n’a toujours pas trouvé de façon de gérer notre relation avec les pays du Moyen-Orient».