Les tours jumelles s'effondrent, le film aussi

©2006 20 minutes

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"World Trade Center", d'Oliver Stone s'inspire d'une histoire vraie: Stone raconte le miraculeux sauvetage de deux policiers de l'Autorité portuaire de New York, pris au piège le 11 septembre 2001 dans les décombres des tours jumelles.
"World Trade Center", d'Oliver Stone s'inspire d'une histoire vraie: Stone raconte le miraculeux sauvetage de deux policiers de l'Autorité portuaire de New York, pris au piège le 11 septembre 2001 dans les décombres des tours jumelles. — AFP

Première surprise et non des moindres, venant d'un cinéaste comme Oliver Stone : World Trade Center n'a rien d'un film contestataire à la façon de Né un 4 juillet. Plutôt que de raconter les attentats du 11 septembre 2001, le réalisateur a choisi de centrer son récit sur le calvaire de deux policiers new-yorkais pris sous les décombres d'une des tours. Leurs conversations pour tenter de ne pas sombrer, l'inquiétude de leurs familles et les efforts d'un valeureux marine pour les tirer de cet enfer s'entremêlent pour faire monter le suspense...

Mais peut-on parler d'un quelconque effet de surprise ? Stone déclare avoir voulu privilégier le factuel, sans donner son propre point de vue, afin de rendre hommage à la bravoure de ses héros, John McLoughlin et Will Jimeno, les flics qu'interprètent respectivement Nicolas Cage et Michael Pena. Le réalisateur ne s'est pas totalement effacé derrière leurs témoignages : son goût pour les images chocs est reconnaissable, notamment lors d'une apparition du Christ venant apporter une bouteille d'eau à l'un des policiers sur le point de perdre pied. « Je suis catholique et j'ai effectivement fait appel à Jésus dans ce moment de grande détresse, expliquait Will Jimeno au Festival de Deauville, mais je ne l'ai pas vu comme dans le film. Cette séquence a été réinterprétée par Oliver Stone. » Ce mélange de réalisme et d'onirisme fait de World Trade Center une oeuvre bancale. L'émotion qui se dégage de plans magistraux, comme les ombres des avions meurtriers au-dessus des buildings, est trop souvent torpillée par des excès mélodramatiques et de sérieuses baisses de rythme.

Caroline Vié

chiffres 2 autres films ont été réalisés sur les attentats du 11 Septembre : 11'09'01 et Vol 93. 20 minutes du film ont été révélées en mai, lors du Festival de Cannes. 1/16e des six hectares de Ground Zéro ont été reconstruits en studio pour les besoins du film. 7 heures et demie. C'est le temps que John McLoughlin a passé seul sous les décombres.