«Wadjda»: Une petite fille héroïne du cinéma saoudien

CINEMA La première femme cinéaste d'Arabie Saoudite sort son premier film...

Caroline Vié

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Wadjda de Haifaa Al-Mansour.
Wadjda de Haifaa Al-Mansour. — PRETTY PICTURES

Wadjda n'est pas un cinéaste polonais dont aurait mal orthographié le nom. C'est le premier film de la première femme cinéaste d'Arabie saoudite et aussi le premier long métrage tourné dans ce pays dépourvu de salles de cinéma.

Couronnée par le prix de la critique au Festival de Venise, l'histoire d'une petite fille indépendante cherchant à s'offrir un vélo pour aller à l'école emporte le spectateur à sa suite. Dire qu'on craque pour cette gamine et pour le travail de la cinéaste Haifaa Al-Mansour est un faible mot. Cette ode à la liberté possède un souffle extraordinaire sans pour autant nier les difficultés de femmes très surveillées. Le portrait d'une fillette battante montre la vie quotidienne d'un pays que nous connaissons mal vu sous le voile d'une héroïne du quotidien.

Fenêtre sur le monde

La réalisatrice, qui a étudié la mise en scène à Sydney, a été contrainte de diriger les scènes d'extérieur de son film dans une voiture avec un talkie-walkie pour parler à son équipe masculine. Loin d'être entravée par ces contraintes, elle semble y avoir puisé une énergie qu'elle a communiquée à son personnage, incarné par la pétillante Waad Mohammed. Il est excitant de découvrir un nouvel auteur comme il est bouleversant d'assister à l'émergence d'une cinématographie. Wadjda offre cela mais pas seulement. C'est aussi – surtout – un excellent film, de ceux dont on sort avec l'impression qu'on nous a ouvert une fenêtre sur le monde.

Voir la bande-annonce du film: