«Lincoln»: Un portrait imposant signé Spielberg

CINEMA Vibrant hommage à un président qui fit abolir l'esclavage avant de mourir assassiné en 1865...

Caroline Vié

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"LINCOLN"

L-000309

President Lincoln (Daniel Day-Lewis, center) confers with Secretary of State, William Seward (David Strathairn, right) and Representative James Ashley (David Costabile, far left) in this scene from director Steven Spielberg's drama "Lincoln" from DreamWorks Pictures and Twentieth Century Fox.

Ph: David James

© 2012 DreamWorks II Distribution Co., LLC and Twentieth Century Fox Film Corporation. ÊAll Rights Reserved.
"LINCOLN" L-000309 President Lincoln (Daniel Day-Lewis, center) confers with Secretary of State, William Seward (David Strathairn, right) and Representative James Ashley (David Costabile, far left) in this scene from director Steven Spielberg's drama "Lincoln" from DreamWorks Pictures and Twentieth Century Fox. Ph: David James © 2012 DreamWorks II Distribution Co., LLC and Twentieth Century Fox Film Corporation. ÊAll Rights Reserved. — D. James / DreamWorks / Fox Film Corporation

Portrait du 16e président américain au crépuscule de sa vie, Lincoln en impose. Dire que Steven Spielberg admire le politicien est en dessous de la vérité. Cette fresque rend un hommage vibrant à celui qui fit abolir l’esclavage avant de mourir assassiné le 15 avril 1865.

«C’était une période fascinante car il existait une vraie possibilité que les Etats-Unis d’Amérique disparaissent. Si Lincoln n’avait pas été aussi brillant, le monde serait peut-être dominé par un autre pays aujourd’hui», explique Liza Nesselson, chroniqueuse cinéma américaine pour France 24.

Des libertés avec l’histoire

Les cinéphiles s’accordent à saluer la vision de Steven Spielberg, mais des historiens se sont émus devant les libertés prises par le réalisateur. On lui reproche notamment la passivité des personnages noirs dans le processus d’abolition de l’esclavage, tandis que d’autres considèrent qu'il a exagéré le rôle du président.

«L’émancipation – comme tous les changements politiques majeurs – découle d’événements venant de toutes les couches de la société y compris les mouvements sociaux qui ont changé les mentalités et le désir de liberté des esclaves eux-mêmes», déclare l’historien Eric Foner dans le "New York Times".

Ces réserves n’empêchent pas Lincoln d’être en lice pour les Oscars. «Il est amusant de penser que si Lincoln n’était pas parvenu à garder notre nation unie, "Argo" et "Zero Dark Thirty", les films historiques contre lesquels il est en compétition n’existeraient pas», observe Liza Nesselson.

On saura le 24 février si Daniel Day-Lewis, éblouissant, remportera la statuette pour laquelle il est donné grand favori. En attendant, il sera intéressant de voir si cette histoire américaine attirera les Français dans les salles.