Divertir avec l'esclavage, un défi

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Traiter de l'esclavage dans un film de divertissement, il fallait oser. Quentin Tarantino relève le défi et n'hésite pas à faire rire. « C'est plus fort que moi : je ne peux m'empêcher de voir de l'humour même dans les situations les plus dramatiques. » Une séquence tordante dans laquelle il ridiculise le Ku Klux Klan reste en mémoire. « L'une des mes plus grandes fiertés a été d'entendre le public afro-américain rire », avoue-t-il. Il ne cache pas son bonheur de voir le film cartonner outre-Atlantique. « Le public a compris ce que j'avais voulu accomplir et le fait que je ne manque de respect à personne », estime-t-il en pensant sans doute à Spike Lee, qui a déclaré de pas vouloir voir Django Unchained « par respect pour ses ancêtres ». Le fait que Lincoln de Steven Spielberg sorte en même temps lui semble significatif. « Avoir deux œuvres grand public sur l'esclavage prouve qu'on est prêt à aborder ce sujet au cinéma. » Sous des dehors de cinéphile fou, Tarantino cacherait-il une âme d'humaniste ? La réponse est sur l'écran. ■ C. V.