Un drôle de Robinson Crusoé uruguayen

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Walter Tournier, réalisateur uruguayen, aime le stop motion, qui le lui rend bien. C'est image par image que ce court métragiste couvert de prix a animé les personnages de Selkirk, le véritable Robinson Crusoé. Le cinéaste a soigné son premier « long » en revisitant malicieusement le classique de Daniel Defoe (1660-1723). Son héros prêt à tout pour s'enrichir et la bande de bras cassés qu'il plume comme de grosses volailles sont réjouissants à souhait. On pense, bien évidemment au Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout (2012) de Peter Lord en voyant cette parodie bien troussée. Tournier trouve cependant un style personnel pour cette fable fort drôle qui brocarde la bêtise et la cupidité de ses protagonistes. Deux ans et demi de travail ont été nécessaires pour donner vie à sa vision dans son studio fondé en 1998 dans son pays natal. La réussite de ce film créé avec de petits moyens et une équipe peu aguerrie aux exigences d'un long métrage est particulièrement remarquable. Selkirk mérite largement de trouver sa place au milieu des productions américaines et européennes. Ce petit film a tout d'un grand. A l'abordage avec Selkirk et ses flibustiers ! ■ C. V.