Au cinéma, le crime paie toujours

CINEMA Les affaires criminelles récentes inspirent beaucoup les cinéastes francophones...

Caroline Vié

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C'est comme une épidémie. Les affaires criminelles mettent de moins en moins de temps à passer de la une des journaux aux écrans de cinéma. La sortie du magnifique Une histoire d'amour d'Hélène Fillières donne l'occasion de revenir sur des films sortis l'an dernier et inspirés de faits divers franco-belges des années 2000.

Faux coupable, vrai scandale. Dans Présumé coupable, Phillipe Garenq revisite l'affaire d'Outreau (2004-2005). Il fait partager le calvaire de l'huissier Alain Marécaux accusé à tort de pédophilie. «On a voulu réveiller les gens pour qu'ils se disent «plus jamais ça», affirme le réalisateur.

Autopsie d'un massacre. Aucun doute en revanche sur la culpabilité des héros de Possessions, inspiré de la tuerie du Grand-Bornand (2003). Eric Guirado y décrit la montée de la haine qui a débouché sur l'assassinat d'une famille aisée. «Cette histoire m'a donné la possibilité d'étudier les rouages de la convoitise, l'engrenage de l'envie», raconte-t-il.

Famille, je vous hais. Même démarche pour Joaquim Lafosse dans A perdre la raison. Reprenant l'affaire Lhermitte (2008), le cinéaste belge montre comment le désespoir d'une mère l'a progressivement poussée à tuer ses enfants. «Mon objectif était d'amener le spectateur à réfléchir sur ce qu'on qualifie trop souvent d'inexplicable.»

L'amour à mort. Hélène Fillières offre des rôles en or à Benoît Poelvoorde et Laetitia Casta, impeccables, dans Une histoire d'amour. Cet excellent film à la sensualité glaciale s'appuie sur l'affaire Edouard Stern (2005) pour faire comprendre la relation sadomasochiste entre un banquier et la maîtresse qui l'a tué. «Ce qui m'a fascinée, c'est le mystère de cet homme et par là même le mystère des hommes en général», décrypte la cinéaste.