Michael Cuesta, le provocateur tranquille

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Après le très remarqué "LIE", Michael Cuesta était de retour à Deauville avec "Twelve and Holding", qui sortira le 20 septembre prochain. L’histoire de trois adolescents, traumatisés par la mort accidentelle de l’un d’entre eux, a été l’un des évènements de la compétition. Rencontre avec le réalisateur.

"Twelve and Holding" a-t-il été difficile à financer ?

Pas du tout. Cinq mois après avoir reçu le scénario, j’étais déjà en post-production. Tout s’est déroulé comme dans un rêve…sauf la sortie du film aux Etats-Unis, où le public n’a pas répondu présent.

Les spectateurs ont-ils été déroutés par la noirceur du sujet ?

C’est possible. Cela dit, "Twelve and Holding" n’est pas un film pessimiste. Il y a même de vrais moments de comédie. Le personnage de l’adolescent obèse qui se met au régime est résolument positif.

L’enfance blessée est un sujet qui vous touche particulièrement ?

Au risque d’énoncer une banalité, je dirais que c’est au cours de l’enfance que se forgent les adultes que nous croisons tous les jours. Si certains s’en tirent plutôt bien, d’autres resteront marqués à vie et reproduiront sans doute les erreurs de leurs parents. C’est un processus aussi déplorable qu’inévitable.

Les armes et l’obésité sont des thèmes qui vous fascinent ?

Ce sont de grands problèmes aux Etats-Unis, sans oublier la pédophilie que j’abordais dans "LIE". Notre société est de plus en plus puritaine. Je pense que cela se sent dans ses débordements. Je trouve donc important de traiter ces thèmes sans tabou, pour conduire le spectateur à se poser des questions.

Pensez-vous qu’il existe un avenir pour le cinéma indépendant américain ?


C’est de plus en plus dur notamment en termes de distribution, mais on parvient encore à s’en tirer. Internet va, entre autres, offrir de nouveaux espaces de liberté permettant à de nouveaux talents de s’épanouir.
Et votre avenir à vous ?

Il sera horrible. Je viens, en effet, de signer pour une série télévisée horrifique avant de réaliser "Shiver", un film d’épouvante sur une bande de jeunes confrontés à un savant fou. Je suis un fan du cinéma de genres, notamment ceux de Dario Argento et David Cronenberg.

Propos recueillis par Caroline Vié