Des «Innocents» plein d'esprits

©2006 20 minutes

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Les Innocents (1961) tranchent parmi les films d'horreur de l'époque, où violence et couleurs pétantes tiennent le haut de l'affiche. Un bonus du DVD précise comment Jack Clayton a décidé d'oeuvrer à contre-courant des usages de l'époque, afin de rester fidèle à l'esprit du Tour d'écrou, roman publié en 1898 par Henry James et dont le film est inspiré. Le réalisateur britannique a choisi de suggérer les spectres qui terrorisent la gouvernante de deux enfants dans une maison hantée plutôt que de les montrer à l'écran. C'est au spectateur de déterminer si la belle, interprétée par Deborah Kerr, est victime de revenants sinistres ou d'une imagination débordante. Un superbe noir et blanc ajoute à l'atmosphère angoissante de ce classique du cinéma gothique tourné en Cinémascope et éclairé par Freddie Francis. « Comme je voulais limiter l'espace dans l'image, j'ai ajouté des filtres de chaque côté de l'objectif afin de mieux piéger les personnages », explique le chef opérateur plus tard oscarisé pour Amants et fils (Jack Cardiff 1961) et Glory (Edward Zwick 1990).

C. V.

Les Innocents, 1DVD Opening, 20 euros .

Peu satisfait par le script qu'il avait d'abord confié à l'auteur d'une pièce à succès, Jack Clayton a demandé à Truman Capote de lui prêter main-forte. Le romancier, très motivé, venait sur le plateau presque quotidiennement pour réécrire les dialogues des enfants. « Truman était l'homme de la situation : il savait trouver le dosage entre l'horreur, la peur et la beauté », se souvient la scripte Pamela Francis.