Daniel Pennac et Benjamin Renner ont su recréer l'univers des albums.
Daniel Pennac et Benjamin Renner ont su recréer l'univers des albums. — Studio canal

CINEMA

«Ernest et Célestine»: L'ours et la souris font la paire

Le duo malicieux arrive sur grand écran...

Ceux qui ont été des enfants dans les années 80 ont déjà entendu parler d'Ernest et Célestine, l'ours et la souris créés par Gabrielle Vincent (Casterman). Décédée en 2000, la créatrice ne saura jamais comment Daniel Pennac a fait revivre ses personnages au gré d'un scénario magique. «Je racontais ses histoires à ma fille et j'étais donc familier de son univers», explique le romancier, qui a connu une longue relation épistolaire avec l'auteure sans jamais la rencontrer.

La rencontre de deux mondes

Ernest, ours-orchestre affamé, vit en ville tandis qu'Ernestine, orpheline chercheuse de dents, habite sous terre. Leur rencontre va déboucher sur une amitié puissante faisant fi des préjugés de leurs concitoyens respectifs. «Leur histoire est d'abord une ode à la tolérance», déclare Pennac, qui s'est identifié à Ernest, le nounours qui raconte des histoires. Célestine serait plutôt Benjamin Renner, qui signe son premier long-métrage avec ce petit bijou. «J'ai vraiment flippé quand je me suis retrouvé à la tête du projet, confie-t-il. Je me sentais un peu comme l'héroïne qui dessine ce que lui raconte son ami l'ours.»

Epaulé par les Belges Vincent Patar et Stéphane Aubier (Panique au village), Renner devait à la fois rester fidèle au monde de Gabrielle Vincent et à celui de Daniel Pennac. «J'étais emballé par la poésie des situations en essayant de faire concorder leurs visions, dit-il. Je me suis aussi permis des citations à l'un de mes réalisateurs favoris: Hayao Miyazaki.» Ernest et Totoro sont de la même famille, et Célestine a le charme pétillant de Chihiro.

Ce poème filmé, riches en influences, trouve sa propre identité faite d'images aux tons pastel, de chansons malicieuses et d'émotions subtiles. Gabrielle Vincent ne voulait pas voir son œuvre portée à l'écran de son vivant, on aimerait pouvoir lui dire qu'elle s'est privée d'un grand plaisir.

La bande annonce: