Joe Letteri: «Peter Jackson a une idée très précise des effets spéciaux»

INTERVIEW Joe Letteri, spécialiste des effets spéciaux, a supervisé le travail sur la saga du «Seigneurs des anneaux» et sur «Le Hobbit»...

Propos recueillis par Caroline Vié

— 

Des elfes dans le film "Le Seigneur des anneaux: Le Retour du roi".
Des elfes dans le film "Le Seigneur des anneaux: Le Retour du roi". — ADC-DIFFUSION / SIPA

Joe Letteri s’y connaît en effet spéciaux. Son boulot lui a même valu quatre Oscars: deux pour la saga du Seigneur des anneaux (2003 et 2004), un pour King Kong (2005) et le dernier à ce jour pour Avatar(2010). Directeur des studios WETA digital, il a reçu 20 Minutes dans un palace londonien. Une bonne occasion pour évoquer le HFR, nouveau procédé utilisé par Peter Jackson pour Le Hobbit.

Quel type de réalisateur est Peter Jackson?

Le type qui sait ce qu’il veut! Cela a l’air d’une évidence, mais ce n’est pas aussi courant qu’on pourrait l’imaginer. Peter a une vision très précise des effets spéciaux parce qu’il sait comment ils sont réalisés.

Est-il différent de James Cameron et de Steven Spielberg avec lequel vous avez collaboré pour Tintin?

Chacun de ces cinéastes est un visionnaire, mais tous travaillent différemment. Steven Spielberg vous décrit ce qu’il souhaite et attend que vous le lui donniez. Peter Jackson vous supervise et vient donner des conseils et James Cameron veut que vous lui expliquiez chaque procédé technique en détail. Tous trois parviennent à leurs fins avec des méthodes différentes.

Le procédé HFR a il changé votre travail?

Il l’a doublé puisqu’au lieu de traiter 24 images par secondes, nous devions en gérer 48! Le jeu en valait cependant la chandelle. Ce procédé permet une meilleure gestion du relief en le rendant plus fluide. On est vraiment DANS l’action.

Pensez-vous que ce sera l’avenir du cinéma?

Pour moi, le HFR n’a d’intérêt que pour si un film est tourné en relief. C’est un procédé coûteux qui ne peut donc convenir qu’à un certain type de productions.

Les effets spéciaux vont-ils encore évoluer?

Bien sûr! Il suffit de comparer Le Hobbit au Seigneur des anneaux pour constater les progrès incroyables qui ont été accomplis. C’est ce qui rend mon métier si passionnant: comme on n’est jamais satisfait du résultat, on fait constamment de nouvelles découvertes.