«Le capital»: Costa-Gavras toujours engagé

CINEMA Dans «Le capital», le cinéaste égratigne le monde de la finance avec férocité...

Caroline Vié

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Gad Elmaleh en requin de la finance, à contre-pied de ses rôles comiques habituels. 
Gad Elmaleh en requin de la finance, à contre-pied de ses rôles comiques habituels.  — MARS DISTRIBUTION

Costa-Gavras torpille l'image de comique de Gad Elmaleh dans Le capital. Avec un regard d'acier et des costumes du même métal, l'acteur se la joue requin pas vraiment chagrin dans une grande banque et croque tout sur son passage. «J'ai voulu explorer le rapport que les hommes ont vis-à-vis de l'argent et du pouvoir», explique le réalisateur d'Amen (2002).

Un pari réussi

Dénoncer injustices et inégalités est la marque de fabrique de Costa-Gavras depuis Z (1969) ou Missing (1982). «Au pire, le public sort de la salle sans se poser de questions. Au mieux, il réfléchit sur ce qu'il vient de voir», analyse-t-il. Rendre clair et passionnant le monde de la finance n'était pas chose facile. Pari réussi pourtant pour Gavras et son coscénariste Jean-Claude Grumberg.

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«Si le spectateur ne comprend rien, il décroche. Les films doivent demeurer un divertissement», note Gavras. Selon lui, le cinéma engagé existe encore, mais se débusque davantage du côté du documentaire. «Cela permet d'énoncer des faits et de mettre le spectateur face à la réalité de façon frontale, là où la fiction prend des chemins de traverse.» A 79 ans, le cinéaste n'est prêt ni à raccrocher, ni à décrocher. «Il y a bien des sujets sur lesquels essayer de sensibiliser le public», conclut-il. Engageons-nous à aller voir ses films!

"wall street" français pour elmaleh

Le personnage de Rastignac de la finance qu'incarne Gad Elmaleh a été créé à quatre mains par l'acteur et Costa-Gavras. « De discussion en discussion, ce troisième homme est apparu », raconte Gavras. Elmaleh a fréquentédes banquiers pour étudier leur gestuelle et leur phraséafin de se fondre dans ce Wall Street à la française.