«Argo»: La réalité dépasse parfois la fiction

CINEMA Ben Affleck s'affirme avec «Argo»...

Caroline Vié et Philippe Berry

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Photo extraite du film «Argo».
Photo extraite du film «Argo». — Warner Bros. France

Quand on lit le pitch d'Argo, on croit d'abord à un canular. Une fausse équipe de cinéma se glissant dans l'Iran de 1979 pour exfiltrer des diplomates coincés dans une ambassade, ça sent le scénario capillotracté à plein nez. «Convaincre le public que des espions ont vraiment fait appel à des maquilleurs professionnels afin de sortir six personnes de Téhéran a été mon plus grand défi», précise Ben Affleck à la fois acteur et réalisateur de ce polar inspiré d'une histoire vraie.

Espionnage et fantaisie

C'est sur fond de prise d'otages réelle qu'Argo, titre d'un film fictif que les évadés sont censés préparer, brode dans la dentelle une action taillée sur mesure pour malmener les nerfs du spectateur. En s'appuyant sur un dossier déclassifié, Affleck a bâti un suspense ahurissant. A la tête d'une bande de bras cassés terrorisés, son personnage à la gueule de superstar fait montre de trésors d'ingéniosité et de courage jusqu'à un finale qui laisse la gorge sèche. «C'est pour ce genre de sensations que les gens vont au cinéma, précise Affleck. Je veux qu'ils sentent leur tension cardiaque monter. J'adore cette idée d'expérience primale.» Des seconds rôles inspirés (Alan Arkin et John Goodman, qui assurent le «personnel au sol» du côté d'Hollywood) apportent des bulles d'humour bienvenues au cœur d'une tension palpable.

Gone Baby Gone (2006) et The Town (2010) avait démontré les qualités de réalisateur d'Aflleck. Argo, qu'on joue bien placé à la course aux Oscars, témoigne d'une maîtrise totale de la mise en scène et de la narration. «Réaliser est la meilleure chose que l'on puisse faire», insiste Affleck. Après avoir vu Argo, on pense, comme lui, qu'il est tout à fait à sa place aussi bien derrière que devant la caméra.

Voir la bande-annonce d'Argo: