L'éternel retour d'Oliveira

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Gebo et l'ombre.
Gebo et l'ombre. — EPICENTRE FILMS

Il tourne un film par an, alors forcément, il y a du bon et du moins bon. Le Portugais Manoel de Oliveira, doyen, à 103 ans, des cinéastes en activité, nous avait enchantés l'an dernier avec L'Etrange Affaire Angélica, fable fantastique et délicatement mélancolique. Gebo et l'ombre, adaptation d'une pièce de Raul Brandao écrite en 1923, surprend cette fois par son austérité. Décor unique et faiblement éclairée, longs plans fixes avec ses personnages qui entrent et sortent du cadre… Le film, d'une théâtralité radicale, a été tourné à Paris et en français avec Michael Lonsdale en vieil expert-comptable qui sacrifie son honneur pour protéger son fils, qui le vole. Son épouse est incarnée par Claudia Cardinale, la voisine par Jeanne Moreau et le fils indigne par Ricardo Trêpa, le petit-fils du cinéaste. Et pour ses 104 ans ? Manoel de Oliveira prépare déjà l'adaptation d'un texte de l'écrivain brésilien Machado de Assis.Stéphane Leblanc