«Quelques heures de printemps»: Avant qu'il ne soit trop tard

CINEMA Le nouveau film de Stéphane Brizé touche délicatement...

Caroline Vié

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Image extraite du film «Quelques heures de printemps».
Image extraite du film «Quelques heures de printemps». — Diaphana Distribution

Comment a donc fait Stéphane Brizé pour qu’on ressente une telle impression d’apaisement après avoir vu Quelques heures de printemps? Les ultimes moments entre une femme malade ayant choisi de recourir à une mort assistée en Suisse et son fils qui sort de taule n’ont rien de plombant.

Un cinéma d’émotions

Vincent Lindon et Hélène Vincent sont à leur meilleur dans cette oeuvre pudique. «Mon cinéma en appelle davantage aux émotions qu’à l’intellect»,  déclare le réalisateur de Mademoiselle Chambon (2009). Limiter son film à une réflexion sur la mort volontaire est réducteur. «Le suicide final est un ressort dramatique pour donner une limite dans le temps aux rapports de ses deux êtres qui  n’arrivent pas à communiquer.» Mère psychorigide exaspérante de maniaquerie et fils mutique capable de crises de violence jouent au chat et à la souris faute d’exprimer leurs sentiments profonds.  J’aimerais que le spectateur se demande s’ils vont parvenir à se dire “Je t’aime” avant qu’il ne soit trop tard», dit Stéphane Brizé.

Le dénouement fait passer un souffle de soulagement dans une oeuvre maîtrisée où l’humour pointe parfois son nez quand le duo se dispute l’affection du chien de la maison. «Comme dans la vie, le mélange des genres fait changer d’humeur au gré des événement», raconte le cinéaste. Sa subtilité pour décrire les rapports à fleur de peau entre deux solitaires surprend à chaque instant. Quelques heures de printemps sait être beau sans être triste. Merci M. Brizé pour ce cadeau.