Une communauté hantée par un passé qui ne passe pas

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« La Dette », un premier film prometteur.
« La Dette », un premier film prometteur. — FONDIVINA

C'est un vrai choc pour un Polonais installé en France que de découvrir que son père, héros de Solidarnosc, est soupçonné d'avoir joué les taupes pour le régime. Coupable ? Innocent ? La Dette de Rafael Lewandowski place le spectateur face à cette interrogation en même temps que son héros voyant son paternel chuter dans l'estime de ses concitoyens. La réponse est vite évidente, mais la puissance de ce premier film vient davantage de la description d'une communauté hantée par le passé que d'un suspense basé sur une enquête bien menée. Les rapports entre le papa, masse imposante aux allures de statue stalinienne, et son fiston intello sonnent parfaitement juste pour montrer l'évolution d'un pays qui a mal à son histoire. On sent le vécu dans les scènes de banquets à l'atmosphère pesante où chaque mot peut rouvrir une blessure. Récompensé par la critique au dernier Festival international du film d'Arras, La Dette révèle un cinéaste prometteur qui a su utiliser son expérience de documentariste pour livrer une fiction solide.C.V.