MODERATIONLe gouvernement met la pression sur les réseaux sociaux après les émeutes

Emeutes : Le gouvernement met la pression sur les réseaux sociaux

MODERATIONMeta, Snapchat, Twitter et TikTok ont été convoqués par l’exécutif qui craint un « mimétisme de la violence » nourri par la diffusion de vidéos sur les plateformes, après la mort de Nahel
Les réseaux sociaux sont dans le collimateur du gouvernement (illustration).
Les réseaux sociaux sont dans le collimateur du gouvernement (illustration). - Denis Closon / Sipa
Hakima Bounemoura

H. B.

Quatre nuits d’émeutes urbaines relayées en masse sur les réseaux sociaux… TikTok, Snapchat et autres plateformes sont dans le collimateur du gouvernement, qui dénonce « une forme de mimétisme de la violence » et demande aux plateformes « d’organiser le retrait des contenus les plus sensibles ».

« Incendies et tensions après la mort de Nahel », #Nahel, #Nanterre, #police, #Guerre Civile… Les mots-clés ou tendances suggérés par les algorithmes des réseaux sociaux renvoient ainsi en grande majorité vers des vidéos chroniquant la flambée de violence qui touche la France depuis le décès du jeune Nahel, lors d’un contrôle policier à Nanterre, mardi.

« Retirer les messages et répondre promptement aux réquisitions »

Face à ce phénomène, Emmanuel Macron a déclaré vendredi attendre un « esprit de responsabilité » des grandes plateformes des réseaux sociaux. C’est dans ce contexte qu’une réunion entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, celui du Numérique Jean-Noël Barrot et les plateformes numériques a eu lieu ce vendredi soir en présence de Meta (Instagram, Facebook, WhatsApp), Snapchat, Twitter et TikTok.

« Les ministres ont notamment rappelé aux plateformes leur responsabilité quant à la diffusion de ces publications », indique un communiqué de la place Beauvau. « Ils leur ont demandé de s’engager activement pour retirer instamment les messages qui leur sont signalés et identifier les utilisateurs de réseaux sociaux qui participent à la commission d’infractions, et de répondre promptement aux réquisitions des autorités administratives et judiciaires ».

Une cellule de veille mise en place par Meta

De son côté, Meta explique avoir « des politiques claires interdisant tout contenu qui incite à la haine et la violence sur Facebook et Instagram ». « Nous sommes en contact permanent avec les autorités françaises et nous avons mis en place une cellule de veille dès le milieu de la semaine pour agir le plus vite possible », poursuit le communiqué du groupe.

Même tonalité ou presque chez Snapchat : « Lorsque nous trouvons ce type de contenu - soit par détection proactive, soit lorsqu’il nous est signalé - nous le supprimons et prenons les mesures appropriées », assure un porte-parole. « Depuis mardi, nous examinons de manière proactive la Snap Map (la carte interactive de Snapchat) et plus particulièrement le contenu lié aux émeutes et supprimons le contenu qui enfreint nos directives ».

Le ministère de la Transition numérique rappelle que l’arsenal juridique pour sanctionner les plateformes réfractaires a été renforcé, notamment à travers le règlement sur les services numériques et avec le projet de loi pour sécuriser et réguler l’espace numérique. Le Parlement français a également voté jeudi l’obligation pour les plateformes comme TikTok, Snapchat ou Instagram de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et le consentement des parents quand ils ont moins de 15 ans.