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sondageCinq ans après #MeToo, où en sont les hommes ?

Mouvement #MeToo : Consentement, comportement inapproprié, sexisme… Cinq ans après, où en sont les hommes ?

sondage« Simone Media » et l’association En Avant Toutes ont sondé plus de 1000 hommes pour connaître l’impact du mouvement #MeToo dans leur vie et leur comportement. Et les résultats font froid dans le dos
Le mouvement #MeToo qui a débuté il y a cinq ans, a contribué à redéfinir les rapports hommes-femmes.
Le mouvement #MeToo qui a débuté il y a cinq ans, a contribué à redéfinir les rapports hommes-femmes. - Canva / Canva
Pauline Ferrari

Pauline Ferrari

L'essentiel

  • Simone Media et l’association En Avant Toute(s) ont interrogé plus de 1000 hommes sur leur perception du consentement et des violences sexistes et sexuelles, cinq ans après #MeToo.
  • Si la prise de conscience sur les agissements sexistes semble bien là, beaucoup d’hommes confessent ne pas s’être interrogés sur le consentement de leur partenaire.
  • Un quart des hommes (25,4 %) ont déjà insisté pour avoir une relation sexuelle alors que leur partenaire n’en avait pas envie, selon le sondage.

Lorsque #MeToo éclate en 2017, un récit émerge, particulièrement du côté des hommes hétérosexuels : on ne pourrait « plus rien dire », ni prendre l’ascenseur avec une femme, ni faire des blagues grivoises au travail, ni aborder une jolie fille dans la rue. Le backlash a été conjoint au mouvement #MeToo, il s’est fait en parallèle, comme si la peur de l’accusation était supérieure au nombre de femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Cinq ans après, où en sont les hommes ? #MeToo a-t-il changé les mentalités ? C’est ce qu’a voulu savoir Simone Media, en partenariat avec l’association de lutte contre les violences En Avant Toute(s). Dans cette étude, 1.115 hommes de plus de 18 ans ont été interrogés sur leur perception du consentemensimot, des violences sexistes et sexuelles ou encore des inégalités femmes-hommes.

On apprend ainsi dans ce sondage que moins d’un homme sur deux (45,3 %) considère que le mouvement #MeToo a eu un impact sur sa façon de se comporter dans ses relations affectives et sexuelles. « Après avoir réalisé plusieurs enquêtes mettant en lumière les réalités vécues par les femmes vis-à-vis des violences sexistes et sexuelles, j’ai souhaité permettre aux hommes de prendre la parole sur ces questions, beaucoup m’ayant déjà exprimé́ leur sentiment d’être “tous rangés dans le même sac". Dans la section libre du sondage, de nombreux hommes ont confié que le fait de répondre au questionnaire les avait bousculés, perturbés, mais aussi aidés à prendre conscience de comportements problématiques auxquels ils n’avaient jamais réfléchi avant », explique ainsi Chloé Thibaud, journaliste et autrice de La Pause Simone.


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Une véritable prise de conscience ?

Le sondage mené par Chloé Thibaud évoque aussi le fait d’avoir été témoin de comportements problématiques… Et le fait d’être intervenu ou non. Trois quarts des hommes (75,3 %) ont déjà pensé que l’un de leurs proches, amis, collègues, ou l’une de leurs connaissances, avait un comportement inapproprié envers les femmes. Plus de trois-quart des hommes interrogés (77,7 %) ont eux, déjà été témoins d’un comportement inapproprié de la part d’un proche. « Les résultats de notre sondage dessinent une réalité à l’instant T et démontrent une prise de conscience de la gent masculine vis-à-vis des violences sexistes et sexuelles dont peuvent être victimes les femmes », note Céline Daugenet, rédactrice en chef adjointe de Simone Media. Dans ce sondage, on apprend que presque 60 % des hommes interrogés sont déjà intervenus lorsqu’un homme interpellait lourdement ou injuriait une femme.

« Cette enquête était importante à faire, car ce sont des questions qui restent peu posées, et les résultats permettent d’éclairer des réalités invisibilisées. La pertinence de cette enquête réside aussi dans le fait qu’il ne faut pas y aller en accusant les hommes, mais de manière pédagogique. C’est important de poser les bonnes questions, d’avoir une posture ouverte vis-à-vis des hommes, pour qu’ils aient envie de changer par eux-mêmes », détaille Louise Delavier, porte-parole de l’association En Avant Toute(s). Une prise de conscience qui a néanmoins un goût amer : on apprend ainsi dans ce sondage que près d’un homme sur cinq (19,8 %) a déjà été témoin d’une scène où un proche, ami, ou une connaissance, essayait d’avoir ou avait un rapport sexuel avec une personne ivre ou droguée.


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Des comportements qui restent problématiques et violents

Malgré la prise de conscience évoquée par le sondage, on ne peut s’empêcher de noter la prévalence de certains chiffres, qui montrent que, même cinq ans après #MeToo, les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas. Un constat déjà évoqué dans le dernier rapport du Haut Conseil à l’Egalité, qui pointait la résurgence des rhétoriques misogynes chez les moins de 35 ans. Dans le sondage réalisé par Simone Media et En Avant Toute(s), on apprend ainsi que près d’un homme sur deux (48,7 %) a déjà douté du fait que la personne qu’il draguait ou abordait en avait envie. De plus, plus d’un homme sur deux (54,5 %) ne demande pas systématiquement à son ou sa partenaire s’il ou elle est consentant·e avant de l’embrasser, de la caresser, ou d’avoir un rapport sexuel. Plus grave, un quart des hommes (25,4 %) ont déjà insisté pour avoir une relation sexuelle alors que leur partenaire n’en avait pas envie. Le concept de consentement ne semble encore pas intégré.


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Les comportements sexistes n’excluent pas la sphère numérique : les cyberviolences sont bien présentes dans notre société, comme le confirme le sondage. En effet, un homme sur dix (10,3 %) a déjà envoyé une photo de son sexe ou d’une partie intime de son corps sans qu’on le lui ait demandé (les fameuses « dickpics »). De plus, plus d’un homme sur dix (13,8 %) a déjà insisté pour avoir des photos intimes de son ou sa partenaire ou manifesté sa déception s’il ou elle disait « non ». Des réponses qui montrent le long chemin jusqu’à l’égalité, mais aussi la nécessité d’une éducation au consentement dès le plus jeune âge, comme le rappellent de nombreuses associations féministes depuis de nombreuses années.

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