Verdict en demi-teinte pour la Sogerma

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Les salariés de la Sogerma ont applaudi, jeudi, celui qui ne sera bientôt plus leur président. Nommé le 12 juillet co-président exécutif d'EADS, Louis Gallois est venu leur annoncer en personne le maintien sur le site d'environ 650 emplois sur les 1 050 de la Sogerma. Mais seuls 150 salariés affectés aux activités de voilures ATR resteront dans le giron d'EADS. Le coeur du métier de la Sogerma, la maintenance aéronautique, sera cédé à Sabena Technics, l'ancienne filiale spécialisée dans la maintenance de la compagnie belge Sabena. Rachetée en 2005 par le groupe TAT, elle emploie 2 400 personnes. Son plan de reprise, préféré à celui de Walter Butler, prévoit le maintien de 500 emplois à Mérignac. Dans un communiqué publié en marge de la visite éclair de Louis Gallois, EADS se félicite d'avoir trouvé une « solution industrielle pérenne » qui lui permette « d'aller au-delà de ses engagements en sauvegardant 650 emplois ». Parmi les 400 suppressions, une centaine sont des départs en pré-retraite. Les autres employés seront reclassés. La solution satisfait également Dominique de Villepin, qui avait fait le déplacement en Gironde le 23 mai.

Du côté des salariés, l'atmosphère n'est pourtant pas aux réjouissances. « Nous obtenons 650 emplois alors que nous partions de zéro, rappelle Bernard Tachoires, du syndicat FO. C'est pour cela et par respect pour Louis Gallois, qui a traité ce dossier en priorité, que nous avons applaudi. » Déçue qu'EADS n'ait pas renoncé à se séparer de son activité de maintenance, l'intersyndicale attend d'en savoir plus sur le plan de reprise. « Nous ne connaissons pas le contenu du projet de Sabena Technics, s'inquiète Philippe Lozano (CGT). On s'interroge sur sa capacité à donner du travail à 500 personnes. » Les élus locaux affichent le même soulagement teinté d'interrogations sur l'avenir. Ils demandent à EADS de constituer un pôle consacré aux matériaux composites dans l'agglomération bordelaise. En attendant, plusieurs semaines de négociations sociales attendent les salariés de la Sogerma avant l'arrivée du repreneur, prévue en octobre.

Sophie Lemaire