Un nouvel espoir pour la filière viticole?

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Afficher un « consensus » et « ne pas donner le spectacle de la division ». Telle était la volonté affichée, hier, par les deux principaux protagonistes de l'assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), Christian Delpeuch, l'ancien président, et Alain Vironneau, le nouveau.

Pourtant, l'élection d'Alain Vironneau – l'unique candidat – a été marquée dès le départ par un désaveu. Il a fallu deux tours pour que le président du syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs soit élu. Au premier tour, il n'a reçu que 35 des 38 voix nécessaires. Au second, il a été élu par 46 voix contre 4 bulletins blancs. « Je pense, même si c'est un vote à bulletins secrets, que les négociants ont voulu lui lancer un avertissement », a commenté Christian Delpeuch, à la tête du CIVB depuis deux ans. Pour l'ex-président, par ailleurs directeur général de la maison de négoce Ginestet, c'est une façon de « lui dire : il faut que tu respectes les lois économiques du marché et que tu penses à l'avenir de la filière en respectant le plan Bordeaux ».

Christian Delpeuch s'est cependant dit « ravi de céder son siège » à Alain Vironneau. « On s'est souvent frités, mais on est toujours arrivés à s'entendre », lui a-t-il lancé. Son successeur, âgé de 54 ans, n'a pas semblé déstabilisé par le coup de semonce que lui a envoyé l'interprofession. « Je vais tout mettre en oeuvre pour qu'une équipe naisse et puisse travailler d'arrache-pied pour que le vin de Bordeaux ait la reconnaissance qu'il mérite », a-t-il promis. Il souhaite par ailleurs inscrire son mandat dans « cette démarche d'approfondissement du dialogue nécessaire entre nous, entre nos familles ».

Sophie d'Ambra

Le président du CIVB est élu par un collège de 25 producteurs et 25 négociants pour deux ans, renouvelables une fois. Selon la tradition d'alternance, un négociant doit toujours succéder à un viticulteur.