Certains distillent, d'autres écoulent à prix d'or

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La campagne de distillation dans le Bordelais commence officiellement aujourd'hui, au moment où les ventes en primeur du millésime 2005 s'achèvent. Si certains producteurs sont censés distiller le vin qu'ils n'ont pas écoulé moyennant 350 e le tonneau avant le 28 juillet, les crus les plus prestigieux se vendent à un prix jamais égalé.

Des tarifs à la hauteur de ce millésime « exceptionnel », selon les professionnels. « 2005 a été grandiose pour l'ensemble des vins de Bordeaux », confirme Patrick Maroteaux, président de l'Union des grands crus. « La demande des marchés américain, anglais, suisse et français a été très forte », souligne un spécialiste. Les quantités produites étant réduites, les prix ont atteint des sommets vertigineux. Le record a été établi par le Château Ausone, premier grand cru classé saint-émilion. Quelques rares privilégiés l'ont acquis pour 750 e la bouteille. « En moyenne, les prix des 400 châteaux vendus en primeur ont augmenté de 28 %, par rapport à l'an dernier, mais la douzaine de “Ferrari” du Bordelais ont franchi les 300 % », selon Jean-Christophe Estève, négociant.

Le fossé entre les grands crus, qui représentent 5 % en volume des vins de Bordeaux, et le reste des vins du Bordelais s'est encore creusé. Pourtant, certains, à l'image de Patrick Bernard, PDG de la société Millesima, estiment que la remontée des tarifs des primeurs est une bonne chose. « Cela va contribuer à redorer l'image de marque de Bordeaux », assure-t-il.

Sophie d'Ambra

Avant de distiller une partie de leur vin, les producteurs attendent que le Conseil interprofessionnel (CIVB) et l'Etat rendent cette mesure plus incitative. Ils souhaiteraient atteindre les prix du marché, soit 650 e le tonneau.