Margaux Lataillade : «Le château en fond, c'est dépassé»

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Interview de Margaux Lataillade, « Wine designer », dirigeante de la société Rouge Bordeaux (www.rougebordeaux@msn.com).

Vous participez ce soir à un débat sur le vin en tant que « wine designer ». En quoi consiste votre métier ?

Je propose aux propriétaires de faire évoluer leur étiquette et leurs visuels de communication. J'essaie de leur faire comprendre qu'en modernisant l'image, ils vendront mieux, à l'export notamment.

Comment avez-vous eu l'idée de créer votre société ?

J'ai toujours eu une attirance pour les vins et en même temps, j'étais outrée de voir les étiquettes ancestrales des vins français, alors que celles des étrangers font davantage rêver. Et pour se différencier de la concurrence, il faut miser sur l'emballage.

L'image est indispensable aujourd'hui...

Oui, mais elle ne suffit pas. On n'achète pas un vin pour l'étiquette, mais pour le boire. Il faut partir d'un bon vin.

Vos clients sont-ils plutôt des propriétaires traditionnels ou des personnes qui ont un regard neuf ?

Les personnes avec qui j'ai travaillé jusqu'à maintenant sont dans la vigne depuis longtemps, ce sont des terriens. Ils sont vraiment paniqués à l'idée de changer, mais j'arrive pourtant à les rassurer.

Qu'est-ce qui fait qu'une étiquette marche ?

Il n'y a pas d'étiquette qui marche. L'image doit s'adapter à la cible. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut enlever toutes les mentions que les gens ne comprennent pas. Et le château en fond, c'est dépassé, mais ça reste difficile à faire admettre.

Sur quel aspect êtes-vous intraitable ?

Ce qui reflète Bordeaux, c'est l'élégance et le charisme. Et ça, il ne faut pas y toucher. C'est pour cette raison que j'ai du mal avec les canettes de vin ou dans des bouteilles en métal.

Quel est le mot-clé, selon vous, pour vendre du vin ?

Evoquer. Il faut que ça parle à l'imaginaire du consommateur et qu'il s'approprie la bouteille.

Recueilli par Orianne Dupont

*« Le vin de Bordeaux demain : subir ou conquérir ? », ce soir, à 19 h au restaurant La suite (1, place du Marché des Chartrons).