« Je n'ai pas de ventilateur, juste un éventail »

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Manuela Cora, 85 ans, habite depuis 1957 un appartement en rez-de-chaussée rue Traversane. « Ça fait vingt ans que je vis seule : mon mari est décédé en 1986. » Il fait déjà 25 ºC à l'ombre ce vendredi matin, le carrelage maintient une certaine fraîcheur. Manuela est encore autonome mais a du mal à marcher : « Le matin, je fais mes courses avec une amie mais l'après-midi je reste à la maison car mes jambes ne me portent plus. » Comment appréhender alors l'été qui s'annonce ? « Pour l'instant ça va. La première chose que je fais le matin, c'est boire un verre d'eau. Je n'ai pas de ventilateur, juste un éventail. Mais j'ouvre les volets tous les matins pour aérer. » Manuela ne se sent pas isolée : « Mes filles viennent me voir, elles me prennent de temps en temps chez elles, elles me téléphonent. » Et les voisines frappent à la fenêtre pour voir si tout va bien.

Manuela Cora fait partie des personnes âgées isolées (PAI) sur qui le concierge de rue, André Meyer, a été chargé par la mairie de Bordeaux de veiller en coordination avec les autres services. Des seniors vulnérables nombreux à Saint-Michel, comme Consuelo Palacin, 98 ans, qui vit depuis soixante ans au deuxième étage d'un vieil immeuble du quartier, sous un puits de jour. « Elle est encore un peu autonome », explique son neveu Daniel Monge, inquiet. « Ici, l'été, il peut faire 35 ºC, une chaleur épouvantable. J'appelle trois fois par jour pour voir si tout va bien. On ouvre les fenêtres. Mais elle n'a pas de ventilo et si on lui en achète un, elle ne l'allumera pas pour économiser l'électricité ! Je veille à ce qu'elle boive un litre d'eau par jour ; elle ne sent pas quand elle a soif », précise Daniel, qui voudrait bien rapprocher sa tante de chez lui : « J'habite à Cadaujac. On voudrait l'installer près de chez nous mais elle ne veut pas. »

S. M.