Les navettes fluviales de Bordeaux ont été inspirées «de la course à la voile»

TRANSPORTS 20Minutes s'est rendu au chantier naval Dubourdieu, à Gujan-Mestras, où commence à être assemblée la première des deux navettes fluviales qui complèteront l'offre de transports à Bordeaux d'ici à la fin de l'année...

Mickaël Bosredon

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Les navettes fluviales de Bordeaux seront entièrement en aluminium et en inox
Les navettes fluviales de Bordeaux seront entièrement en aluminium et en inox — S.ORTOLA/20MINUTES

Les futures navettes fluviales de Bordeaux prennent forme. L’assemblage du pont central avec les deux coques du premier catamaran vient de démarrer au chantier naval Dubourdieu à Gujan-Mestras, vainqueur de l’appel d’offres de la Communauté urbaine de Bordeaux. La construction des éléments de la seconde est en cours au sein de l’atelier CAI, toujours à Gujan-Mestras. Entièrement en aluminium et en inox, les navettes ont été inspirées « de la course à la voile » explique Emmanuel Martin, patron de Dubourdieu. «Il fallait une structure profilée, pour écarter les nombreux troncs d’arbres qui flottent sur la Garonne, et éviter qu’ils s’engouffrent sous la bateau.» Le choix du catamaran s’est imposé pour «offrir de la stabilité et donc du confort aux passagers, qui pourront profiter par beau temps du pont.»

Propulsé de manière électrique aux heures de pointe

Longue de dix-neuf mètres et large de sept, la navette devrait peser un peu plus de six tonnes, portée par des moteurs électriques - assistés d’un moteur diesel - qui développeront 200 chevaux.   Ces moteurs électriques sont «le coeur du bateau» insiste Emmanuel Martin. «Des navettes électriques qui naviguent à trois noeuds on en a déjà vu, là il faudra atteindre les onze noeuds pour faire face aux courants de surface très forts sur la Garonne, et tenir un temps de traversée de quatre minutes, comme nous l’impose Kéolis.» Aux heures de pointe, entre 7 h et 10 h et entre 16 h et 19 h, «la navette sera propulsée de façon électrique, puis entre 9 h et 16 h le moteur diesel alimentera continuellement les moteurs électriques » explique Xavier Lemarié, directeur de la maintenance chez Kéolis, et en charge du projet des navettes. « Les batteries lithium-ion se rechargeront durant la nuit.»

Pour l’instant surnommé «greenboat», la navette Kéolis se veut résolument écologique. «Nous avons mené une vraie réflexion sur l’éco-conception de ce navire, ce n’est pas du green-washing, assure Emmanuel Martin. Il a fallu faire des arbitrages:si l’aluminium a un mauvais bilan énergétique à son extraction, c’est un matériau entièrement recyclable. La superstructure qui viendra coiffer le pont central est elle en composite, mais essentiellement d’origine végétale.»

Mise en service entre novembre 2012 et fin 2013

La mise à l’eau aura lieu fin août, dans le bassin d’Arcachon. Les essais sur la Garonne se feront «fin septembre, début octobre. Nous sommes dans les temps pour une livraison le 30 novembre», assure Emmanuel Martin.

Initialement prévue le 30 novembre 2012, «un problème d’évolution de la réglementation sur l’accostage au niveau des pontons, et de sur-occupation des pontons actuels», explique-t-on à la CUB, laissait craindre il y a quelques semaines un report d’une mise à l’eau en mars 2013. Jeudi soir, le bureau de la CUB a finalement acté un démarrage «en trois étapes.» La première mise en service aura bien lieu fin novembre 2012, ont décidé les élus, «entre le ponton d’honneur et le ponton Yves-Parlier (situé rive droite au niveau du pont de Pierre). Une réunion quadripartite CUB /mairie de Bordeaux/Kéolis/Bâteliers aura lieu en perspective d’un accord sur un usage temporaire du ponton Yves-Parlier.» Une deuxième prévoit le lancement d’une liaison entre Lormont et le H15 au niveau du quartier des Chartrons, «fin mars 2013.» Enfin, un « ponton neuf sera livré au droit de la place Jean-Jaurès et une extension du ponton Yves-Parlier sera créé, fin 2013, ce qui permettra la mise en service de la ligne complète.»

Les deux navettes qui pourront transporter jusqu’à quarante-cinq personnes, «se veulent un moyen de transport complémentaire aux lignes de bus et de tram, utilisables avec un ticket de transport du réseau TBC», rappelle Xavier Lemarié, de Kéolis. Le coût des deux navettes sera de l’ordre de 1,7 millions d’euros.