A Bordeaux, des scènes de liesse à la Victoire

POLITIQUE Les Bordelais ont fêté l’élection de François Hollande au cœur de la ville dimanche soir...

Elsa Provenzano

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L'élection de François Hollande célébré à Bordeaux
L'élection de François Hollande célébré à Bordeaux — J-P.VINCENT / 20 minutes

Il fallait le voir pour le croire, je voulais revivre 1 981 », confie, émue, Florence, 39 ans, une militante socialiste qui s’est jointe à la foule réunie sur la place de la Victoire dimanche soir. À l’annonce du score réalisé par le candidat socialiste François Hollande, plusieurs centaines de personnes qui remplissaient la place ont explosé de joie. Plusieurs groupes se sont formés pour danser, au rythme de percussions. « On voulait créer un souvenir mémorable pour les Bordelais, comme en 1981. On ne s’attendait pas à autant de monde. On a distribué 400 roses, mais c’est parti très vite », raconte Matthieu Rouveyre, élu municipal PS. Le parti socialiste avait installé un écran géant sur la place. Parmi les spectateurs Patrick 54 ans, a les larmes aux yeux :
« J’avais 23 ans le 10 mai 1981 et c’est la même émotion. Les discours de haine tenus par Sarkozy n’étaient plus possibles. Il a été un diviseur ». Même s’il a voté Hollande dès le premier tour, il ne croit pas à un vote d’adhésion mais plutôt à un vote anti-Sarkozy. Pourtant, il ne pense pas que cette victoire marque un affaiblissement d’Alain Juppé : « il a fait des choses pour la ville qui vont au-delà des clivages politiques ». De leur côté, Sylvain, Stéphanie et Gaëtan, la vingtaine, fêtent le score un verre à la main : « rien n’était joué, on est contents. On ne veut pas qu’il se produise en France la même chose qu’en Grèce. »

« Bon augure pour les législatives »

« C’est la victoire d’un homme de justice et de combat. Il a fait une campagne où il a su garder de la hauteur », réagit Alain Rousset, président PS de la région Aquitaine. Interrogé sur le rôle qu’il pourrait jouer dans le futur gouvernement il a déclaré : « j’ai déjà beaucoup de travail ici ». Ludovic Freygefond, secrétaire de la fédération socialiste girondine estime que « des milliers de Girondins attendaient ce changement » et parle d’une « première défaite pour Alain Juppé et de bon augure pour les élections législatives. » La rivale du maire de Bordeaux sur la deuxième circonscription Michèle Delaunay, s’attend à une campagne difficile : « j’ai la lourde responsabilité de transformer l’essai et de porter l’élan initié ».