A Bordeaux, le chef de la police veut faire taire les rumeurs sur la série de disparitions

FAITS-DIVERS Après la série de disparitions de jeunes alcoolisés, le directeur départemental de la sécurité publique de la Gironde veut faire taire les rumeurs qui circulent, et appelle à davantage de mesure dans la consommation d'alcool...

Mickaël Bosredon

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Le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde, Pierre-Marie Bourniquel
Le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde, Pierre-Marie Bourniquel — S.ORTOLA/20MINUTES

La thèse de l’accident reste toujours privilégiée par la police, cinq jours après la disparition de Julien Teyssier à Bordeaux. Selon le témoignage d’un couple d’amis, le jeune homme aurait consommé une grande quantité d’alcool dans la nuit de vendredi à samedi dans divers établissements du centre-ville. A partir de 3h30 ses amis perdent sa trace, et aucun témoin ne s’est manifesté à ce jour pour donner d’éventuels indices sur son parcours. «Il pleuvait fortement cette nuit-là, rappelle Bernard Le Hir, chef de la sûreté départementale, ce qui peut expliquer que personne ne l’ait croisé.» La pluie n’a d’ailleurs «pas facilité le travail des chiens renifleurs des sapeurs-pompiers, que nous avons lancé sur la trace du jeune homme» ajoute Pierre-Marie Bourniquel, directeur départemental de sécurité publique. Le survol de la Garonne par des hélicoptères s’est aussi révélé infructueux.

«Un appel à la responsabilité»

Rien, selon la police, ne permet pour l’instant d’accréditer la piste criminelle dans cette affaire. Ni dans les autres affaires de disparitions qui frappent la ville depuis plusieurs mois. En moins d’un an, c’est en effet le cinquième jeune à disparaître dans des circonstances similaires, c’est-à-dire après une soirée très alcoolisée. Les quatre autres ont tous été retrouvés noyés dans la Garonne, dont Maxime Le Bot le 27 avril dernier. Depuis quelques semaines, des rumeurs quant à la présence d’un «pousseur» alimentent les réseaux sociaux. Ce qui irrite les autorités, qui souhaitent les étouffer au plus vite. «Ces derniers mois, six personnes sont tombées dans le bassin à flot, une malheureusement a été retrouvée noyée – le jeune Valentin Bernabeu, en décembre dernier, NDLR – les cinq autres ont été repêchées ou ont pu remonter seules, aucune ne nous a parlé de pousseur», insiste Pierre-Marie Bourniquel. La configuration des berges de la Garonne discrédite également selon le DDSP cette thèse du pousseur. En revanche, «les témoignages que nous avons recueillis, ainsi que les vidéos que nous avons pu visionner lorsque les victimes ont été filmées, sont édifiants sur leur état d’ébriété» poursuit Pierre-Marie Bourniquel, pour qui la suralcoolisation est la seule thèse valable expliquant ces disparitions, toutes accidentelles.

La police en a profité pour «lancer un appel à la responsabilité» aux jeunes lors de soirées alcoolisées, notamment «à une période où les beaux jours reviennent, ce qui va favoriser les fêtes nocturnes.» «Bordeaux est une ville qui vit la nuit et c’est très bien. Les autorités souhaitent que la fête puisse continuer, mais sans drame de ce type.»