Les dispositifs contre la suralcoolisation «montent d'un cran», annonce la mairie de Bordeaux

FAITS-DIVERS La nouvelle disparition d'un jeune bordelais oblige les autorités à renforcer les mesures contre la vente et la consommation d'alcool à Bordeaux...

Mickaël Bosredon

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La mairie de Bordeaux a installé des panneaux rappelant l'interdiction de consommation d'alcool dans le centre-ville
La mairie de Bordeaux a installé des panneaux rappelant l'interdiction de consommation d'alcool dans le centre-ville — S.ORTOLA/20MINUTES

La nouvelle disparition d’un jeune bordelais, la quatrième en cinq mois, n’a pas tardé à provoquer la mise en place de nouvelles mesures concernant la vente d’alcool à Bordeaux. Dès lundi, soit quarante-huit heures après l’annonce de la disparition de Julien Teyssier, 25 ans, le préfet Patrick Stefanini décidait de restreindre les horaires d’ouverture des commerces vendant de l’alcool à emporter à minuit, au lieu de 2 h. La vente d’alcool est elle toujours interdite après 22 h. Des contrôles renforcés des débits de boisson seront menés pour veiller au respect de cette nouvelle disposition.

Une nouvelle commission de discipline concernant les débits de boisson

Jean-Louis David, adjoint au maire en charge de la vie locale, a annoncé de son côté mardi la mise en place «tout prochainement» d’une nouvelle commission de discipline, «composée de cinq à six membres, et en mesure de prendre des décisions très rapides à l’encontre des débits de boisson qui ne respecteraient pas les règles, à savoir les bars servant des personnes déjà alcoolisées, et les épiceries de nuit vendant de l’alcool après 22h. Les sanctions pourront être prises en 24 ou 48h, et pourront restreindre encore davantage les horaires de vente d’alcool. Ceci n’empêchera pas une sanction administrative par la suite.» Depuis le début de l’année, «280 contrôles de commerces ont déjà été opérées, pour 80 procès-verbaux et 38 fermetures administratives, allant de deux à quinze jours.» Si l’élu déplore que «certains commerces ne respectent pas la loi en vigueur», il souligne que «80% d’entre eux effectuent leur travail correctement.»

1.500 bouteilles vidées par les autorités dans le centre-ville de Bordeaux en un mois

Jean-Louis David a également révélé qu’il allait «réunir les familles et les jeunes qui se sont manifesté ces dernières semaines dans la volonté de mener des initiatives de prévention auprès des jeunes bordelais. Il y a par exemple les parents de Vincent Zecca qui souhaitent monter une association. On va essayer de fédérer tout ce monde.» Vincent Zecca, 19 ans, porté disparu dans la nuit du 3 au 4 mars après une soirée alcoolisée, a été retrouvé noyé dans la Garonne le 27 mars.

«La suralcoolisation est une constante» dans chacune de ces affaires de disparition, relève l’élu. «C’est ce qui nous avait conduit à monter d’un cran nos dispositifs de surveillance et de prévention en matière d’alcool depuis un mois.» Il y a quelques jours, des affiches rappelant que «la vente et le transport d’alcool dans une zone comprenant les quais de Bordeaux, l’hyper centre-ville et Meriadeck» ont été installées sur tous les candélabres des quais de la Garonne. La brigade «hibou» de la police municipale, renforcée par des agents de la police nationale et des douanes, a procédé à divers contrôles ces dernières semaines. «Lorsque des jeunes en réunion sont en possession de bouteilles d’alcool, nous leur demandons de les vider. Dans le cas contraire, ils écopent d’une amende de 120€. En un mois 1.500 bouteilles d’alcool ont ainsi été vidées en centre-ville.»

Sécurisation des quais et limitation des autorisations de licence temporaire

La question de la sécurisation des quais de la Garonne se pose également depuis quelques semaines. «Nous avons identifié un endroit, quai des sports, où la sécurité va être renforcée. Pour le reste, nous continuons à travailler, mais il faut bien prendre conscience que le risque zéro n’existe pas. Nous ne pouvons que nous sentir mal en tant qu’élus et responsables de la collectivité par rapport à cette situation, mais on voit bien également qu’arrivé à un certain degré d’alcool, on ne maîtrise plus rien.»

Enfin, les autorisations de licence temporaire pour la vente d’alcool sont désormais scrupuleusement étudiées. «Nous avons décidé de continuer à les accorder pour les kermesses d’école de fin d’année, car ces manifestations sont très bien encadrées. Mais nous avons été amené à en refuser une à l’association Allez les filles, à l’occasion d’un concert public, car la situation nous paraissait plus dangereuse. Nous regarderons chaque manifestation au cas par cas.»