Alain Rousset : « Je ne pourrai pas tout garder »

©2006 20 minutes

— 

Alain Rousset

Président de la CUB, président

de la région, premier adjoint au maire de Pessac et candidat dans

la 7e circonscription de Gironde

(Gradignan, La Brède, Pessac).

Pourquoi ce poste de député vous intéresse-t-il ?

Pessac représente la moitié de la circonscription. J'étais le suppléant de Pierre Ducout [actuel député] au départ et nous avions convenu qu'il y aurait un passage de témoins aux prochaines élections, si les militants l'acceptaient. Par ailleurs, on s'aperçoit, en France, que la vraie réalisation des objectifs (logement, emploi, développement industriel) suppose des réformes nationales.

La dérogation que vous avez sollicitée auprès de François Hollande sur cette circonscription a fait perdre un poste à une femme...

La parité est une chose positive, mais elle a aussi un effet pervers. Il y a eu une « surbagarre » à l'intérieur du parti entre les courants. On a mêlé la réservation des circonscriptions à une bataille entre courants. D'ailleurs, dans le Médoc, on a vu que ce genre de décision ne marchait pas.

A propos, comment avez-vous perçu la guerre de courants pour la 5e circonscription ?

Certaines circonscriptions avait été réservées aux femmes avec des arrière-pensées de courants, et les militants ne l'acceptaient pas. Pourtant, la Gironde, par rapport à d'autres départements, avait présenté quelque chose d'assez équilibré.

Quelle est votre position concernant le cumul des mandats ?

Je me mettrai en conformité. Mais si le président de région avait des responsabilités plus larges, je n'aurais aucun besoin d'être candidat aux législatives. Nous devrions nous inspirer de l'Allemagne. Plutôt que d'avoir un Sénat qui représente les collectivités locales mais bloque toute réforme, il faudrait trois collèges : régions, départements et communes.

Concrètement, qu'allez-vous faire de toutes vos fonctions ?

Je ne pourrai pas tout garder. J'aurai à choisir, c'est la loi. Mais je me prononcerai le moment venu.

Quelle serait votre priorité en tant que député ?

Il faut modifier les institutions et le vrai changement, c'est la décentralisation. Le jacobinisme de ce pays, sa façon de fonctionner à la verticale sont des obstacles au développement, au progrès et même à la solidarité. Il ne produit plus d'égalité car il veut intervenir sur tout. Par exemple, depuis que ce sont les départements qui sont chargés des maisons de retraite, elles sont majoritairement mieux gérées. Contrairement à ce que l'on pense, la décentralisation ne produit pas de l'inégalité. Il faut que l'Etat assure ses missions de police, de justice et d'éducation et ensuite fasse confiance.

Recueilli par Orianne Dupont