La violence au programme des futurs instits

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Maintenir la paix dans les cours de récré. C'est le but du programme créé en 2004 par l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) d'Aquitaine, à Mérignac. Mise en place avec l'Observatoire européen de la violence scolaire, fondé par le professeur bordelais Eric Debarbieux, cette action est pionnière en France : « Contrairement aux académies de Versailles, Créteil ou Lyon qui n'ont pas de programme identifié, cette formation est spécifique aux situations difficiles », observe Catherine Blaya-Debarbieux, maître de conférence à l'IUFM et directrice de l'Observatoire.

Le programme se compose de quatre journées, qui voient formateurs de l'IUFM, chefs d'établissement, infirmières, assistantes sociales et psychologues se succéder pour apprendre aux enseignants débutants à gérer les situations de conflit. « Les intervenants ont tous un vécu de situations de violence, pour ne pas être éloignés de la réalité », souligne Laurence Bergugnat-Janot, institutrice et maître de conférence à l'IUFM.

Théorie et pratique alternent : la théorie pour comprendre, par exemple, les mécanismes de stress et savoir comment intervenir ; la pratique pour l'expérience. Stages en zone sensible fondés sur l'apprentissage du travail en équipe, études de cas, séances de psychodrame animées par la compagnie de théâtre OXO apprennent aux participants à maîtriser leurs émotions face à une agression. La violence dans les établissements (lire ci-contre) exige des réponses adaptées. « Impliquer les parents dans la vie de l'école sans les stigmatiser est nécessaire », ajoute Catherine Blaya- Debarbieux, qui se prononce contre la suspension des allocations familiales : « Le ministère de l'Education nationale a reconnu en 2003 que c'était contre- productif. »

Stéphane Moréale