L'Opéra de Bordeaux veut comprendre comment le détournement d'un million d'euros a été possible

JUSTICE La direction de l'Opéra national de Bordeaux, victime d'un détournement de fonds par une de ses employées, souligne que l'établissement avait fait l'objet de plusieurs contrôles externes ces dernières années, qui n'avaient rien révélé...

Elsa Provenzano

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De gauche à droite, Thierry Fouquet, Dominique Ducassou et Gérard Lion, dirigenats de l'Opéra national de Bordeaux
De gauche à droite, Thierry Fouquet, Dominique Ducassou et Gérard Lion, dirigenats de l'Opéra national de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

L’Opéra de Bordeaux veut comprendre. Comprendre comment, malgré de récents contrôles externes, la régisseuse de l’établissement a pu détourner près d’un million d’euros. La direction de l’Opéra et Dominique Ducassou, chargé du volet culture à la mairie de Bordeaux s’exprimaient pour la première fois ce jeudi, alors que la régisseuse Corinne Auguin et son mari ont été mis en examen mercredi soir. Elle pour détournement de fond public et lui pour recel habituel. L’affaire a éclaté lundi, après le placement en garde à vue de l’employée qui avait avoué dans un premier temps avoir détourné quelque 130.000 euros.

« Il y a eu un contrôle de la chambre régionale des comptes, rendu en 2010, qui ne formulait aucune observation et, une analyse des opérations de la régie comptable, en 2011, par le comptable public relevant du ministère des finances n’a pas révélé d’anomalies particulières », pointe Dominique Ducassou.

Les malversations portent sur le fonds de roulement de 750000 euros de la régie comptable. La régisseuse, seule gestionnaire de ce fonds  depuis 2002,était au-dessus de tout soupçon car réputée très sérieuse, et même pointilleuse. « Ce sont deux gros chèques de 27.000 et 35.000 euros qui ont attiré l’attention lors du contrôle interne », explique Gérard Lion, directeur administratif et financier de l’Opéra de Bordeaux.

Le fonctionnement propre à l’Opéra, une activité irrégulière et le recours à des intermittents qui doivent être rémunérés rapidement, constituerait une fragilité, selon Dominique Ducassou. Ces contraintes conduiraient à une gestion en régie comptable, c’est-à-dire reposant entièrement sur la régisseuse.

Une enquête interne est en cours depuis une dizaine de jours à l’Opéra, au sein duquel aucun autre employé ne ferait l’objet de soupçon. L’Opéra attend les suites de l’enquête judiciaire pour comprendre le mode opératoire et développer «des garde-fous ».