A la recherche des pépites de biodiversité

SCIENCES La maison écocitoyenne de Bordeaux présente un récit en images d'une expédition à Madagascar menée par le Muséum national d'histoire naturelle...

Elsa Provenzano

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Un lémurien, espèce endémique de Madagascar.
Un lémurien, espèce endémique de Madagascar. — © Radu Sigheti / Reuters

Le monde est saturé de mauvaises nouvelles sur l’environnement : la déforestation, la surpêche etc. Les découvertes de nouvelles espèces sont comme des bulles pétillantes », lance avec enthousiasme Philippe Bouchet, directeur de la mission  «la planète revisitée» au Mozambique et à Madagascar pour le muséum national d’histoire naturelle. Jusqu’au 30 juin, des photos de cette mission sont exposées à la maison écocitoyenne de Bordeaux, quai Richelieu. Elles sont complétées par des collections du muséum d’histoire naturelle de Bordeaux, issues des mêmes régions. L’expédition s’est déroulée en 2009, en partenariat avec l’association Pro Natura international. Les régions ont été choisies par les spécialistes car elles constituent une sorte « d’angle mort » dans le savoir scientifique. « Au Mozambique, l’insécurité générale et, entre autres, l’exploitation des ressources pétrolières font qu’on n’a même pas une connaissance de base des espèces et, jusqu’à maintenant, à Madagascar, on ne s’est intéressé qu’aux lémuriens », explique Philippe Bouchet.

«Des centaines d’espèces»

L’expédition a réuni 70 participants. Parmi eux, Laurent Charles, chargé des collections mollusques au muséum d’histoire naturelle de Bordeaux. « Je sais à la fois faire de la recherche de terrain et du tri, voilà pourquoi j’ai intégré l’équipe », raconte ce spécialiste. Les deux mois d’investigations, essentiellement sous marines, ont permis de découvrir une véritable « éco-région » malgache si bien que l’UNESCO pourrait l’inscrire au patrimoine mondial. « Nous avons des présomptions de découvertes sur des centaines d’espèces », se félicite Philippe Bouchet. Si un premier tri par familles a déjà eu lieu sur place, le plus gros reste à faire et représente plusieurs années de travail. « Les spécimens devront aussi être confrontés aux riches collections du muséum de Bordeaux, à défaut de publication récente », explique Laurent Charles. Si deux millions d’espèces sont connues, d’ énormes découvertes restent à faire et l’exposition ambitionne de le montrer en levant le voile sur ces régions méconnues.