Nettoyer les plages, mais pas trop

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Premières baignades, premiers nettoyages. En juin, les communes débarrassent les plages des déchets rejetés par la mer. Un ménage de printemps nécessaire pour le confort des touristes et la beauté du paysage, mais parfois dommageable pour le littoral. Ce sujet a été abordé à l'occasion des Rencontres du littoral aquitain, organisées hier au conseil régional.

Il est compréhensible que les vacanciers n'apprécient guère de poser leur serviette sur des bouteilles en plastique ou des mégots. Mais certains d'entre eux n'acceptent pas non plus la présence des débris naturels (bois ou feuilles) nécessaires à l'écosystème. Un voeu parfois entendu par les communes, qui nettoient à l'aide de cribleuses. Celles-ci ont l'inconvénient de ne pas ramasser uniquement des déchets domestiques. « Depuis le naufrage du Prestige, la totalité du ramassage est mécanisé. Mais aujourd'hui, il faudrait réfléchir pour savoir si on continue », observe François Deluga, vice-président du conseil régional chargé de l'environnement. Pour minimiser les rejets sur les plages, l'institut des milieux aquatiques de Bayonne a eu l'idée d'agir à la source. Il a développé une action unique en France, en sensibilisant les marins-pêcheurs et les ostréiculteurs de la région à ne pas jeter leurs déchets en mer et à ramener ceux qu'ils trouvent dans des containers prévus à cet effet. En 2005, 105 tonnes de déchets – dont la majeure partie provenait d'Arcachon – ont ainsi été récupérées, soit l'équivalent de 100 000 bouteilles en plastique.

Orianne Dupont

D'après le conservatoire du littoral, 59 % des particuliers acceptent les déchets naturels et 71 % sont réceptifs au message : « Les algues et les morceaux de bois échoués sur la plage constituent un milieu vivant. Acceptons-les ».