Grève sur le réseau de transport bordelais ce jeudi

SOCIAL Les quatre syndicats de Kéolis ont déposé un préavis de grève sur le réseau TBC jeudi prochain. Ils protestent contre les conditions de sécurité dans les transports bordelais…

Mickaël Bosredon

— 

Aucun bus et aucun tram ne circulait dimanche à Bordeaux pour la deuxième journée consécutive en raison d'un mouvement de grève du personnel de Veolia Transport qui réclame une hausse des salaires, a-t-on appris auprès de la direction.
Aucun bus et aucun tram ne circulait dimanche à Bordeaux pour la deuxième journée consécutive en raison d'un mouvement de grève du personnel de Veolia Transport qui réclame une hausse des salaires, a-t-on appris auprès de la direction. — Derrick Ceyrac AFP/Archives

Les quatre syndicats de Keolis Bordeaux ont déposé un préavis de grève à compter du jeudi 12 avril, sur l’ensemble du réseau de transport TBC. Le mouvement sera particulièrement suivi, puisque 60% du personnel s’est déclaré gréviste. L’entreprise a d’ores et déjà mis en place un plan de transport particulier pour la journée de jeudi. « Le réseau fonctionnera de 6h30 à 20h uniquement. Les lignes A et B du tramway rouleront avec une fréquence de huit minutes, la ligne C toutes les dix minutes », annonce Jean-Marc Vermault. Mais c’est surtout le réseau de bus qui sera fortement impacté. « Les lianes 3,5,9,10 et 16 circuleront, avec une fréquence toutes les 15 minutes. » Le trafic des autres lignes sera nul ou fortement perturbé.

Les quatre syndicats protestent contre les conditions de sécurité, qui se seraient dégradées. « Les agressions sont en augmentation sur le réseau, et d’une violence inouïe » affirment-ils dans leur prévis de grève. Cette situation serait la conséquence de la réorganisation, par Kéolis, du service d’assistance prévention. « Kéolis, dans le cadre de son contrat de délégation de service public, largement déficitaire signé avec la CUB, à cause d’une offre inatteignable pour remporter le marché, est obligé maintenant de faire des économies au détriment de la sécurité des biens et des personnes. » Eric Hugon, du syndicat CFDT, déplore que « deux équipes entièrement dédiées à l’assistance-prévention, aient été réemployées au contrôle, tout cela pour faire baisser la fraude, l’objectif prioritaire de Kéolis. Il faut effectivement faire baisser la fraude, mais que cela se fasse avec des embauches supplémentaires. »

Des propositions de la direction « restées lettre morte »

Kéolis explique que cette réorganisation, mise en place en septembre, « concerne huit personnes sur les quarante du service assistance-prévention, que nous avons décidé d’affecter plus particulièrement aux contrôleurs car il y a un vrai besoin, explique Jean-Marc Vermault. Lors d’une rencontre avec les syndicats vendredi 6 avril, nous avons fait plusieurs propositions, notamment de d’investir dans des motos pour le service assistance-prévention, afin que le personnel puisse se rendre plus rapidement sur place, et de sous-traiter à une entreprise externe tous les problèmes d’alcoolisme rencontrés sur le réseau, et qui prennent beaucoup de temps à notre personnel. Ces propositions sont pour l’instant restées lettre morte. Je rappelle qu’au total, nous avons tout de même 108 personnes chargées de la sécurité et de la prévention sur l’ensemble du réseau, alors que notre contrat en prévoit 92. C’est bien la preuve que la sécurité du personnel et des usagers reste une priorité. »

« Tous les actes de vandalisme ne sont plus pris en compte » dénonce la CFDT

Surtout, l’entreprise met en avant « des statistiques internes qui montrent une baisse des agressions de 12% entre 2011 et 2010. Il y a bien eu trois agressions successives sur notre réseau le 20 mars dernier, mais nous avons immédiatement réagi, et apporté des réponses satisfaisantes », explique Jean-Marc Vermault. Eric Hugon affirme lui que « tous les actes de vandalisme ne sont plus systématiquement comptabilisés, ce qui explique cette baisse. »

Le préavis de grève des quatre syndicats court jusqu’au mois de juillet. « Mais pour l’instant nous n’enregistrons qu’une dizaine de personnes décidées à maintenir la grève au-delà du jeudi 12 avril. A priori il n’y aura pas d’autres perturbations les jours suivants », selon la direction. La CFDT affirme que « sans réponse satisfaisante, une autre journée d’action sera organisée après les vacances scolaires. »