Le Bassin d'Arcachon en quête de jeunes

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Le Bassin d'Arcachon ne veut pas devenir un «papyland» comme la Côte d'Azur. Face à la flambée du foncier, le Bassin d'Arcachon sud s'est doté lundi d'un outil puissant : un établissement public foncier local (EPFL). Il va permettre à Arcachon, Gujan-Mestras, Le Teich et La Teste-de-Buch de mutualiser leurs moyens financiers pour acheter des terrains, qui seront ensuite revendus afin de construire des logements sociaux.

L'objectif est de conserver une population jeune, active et de favoriser la mixité sociale. « Aujourd'hui, les jeunes ne peuvent plus habiter sur les terres de leurs parents, c'est devenu trop cher », s'inquiète François Deluga, président de la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon sud (Cobas) et maire du Teich. En effet, le prix du foncier a atteint des sommets sur le bassin – jusqu'à 400 e le m2 à Arcachon – et il augmente de 15% tous les ans, depuis cinq ans. « Il y a dix ans, ma ville achetait 5 000 m2 de terrain pour moins de 100 000 e. A présent, pour avoir seulement 2 000 m2, il nous faut payer 200 000 e, comment voulez-vous faire du logement social dans ces conditions ? », s'insurge François Deluga. Résultat : il manque actuellement près de 3 500 logements sociaux sur la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon sud, qui compte 60 000 habitants. L'EPFL sera opérationnel dès le 1er janvier 2007 et devrait être doté d'un budget annuel avoisinant les 3 à 4 millions d'euros, de quoi acquérir entre 300 et 400 logements sociaux tous les ans. Le conseil général de Gironde et la CUB pourraient eux aussi créer leur EPFL. Une étude de faisabilité est en cours. La Cobas envisagerait alors plutôt de rejoindre l'EPFL du conseil général. « Désormais, on va avoir une vraie stratégie immobilière », se félicite François Deluga.

Nicolas César

Au total, sept habitants du Bassin d'Arcachon sur dix y travaillent aussi. Par an, près de mille demandes de logements sociaux restent insatisfaites.