Bordeaux: trois mois avec sursis pour l'auteur des appels malveillants contre Nicolas Sarkozy

JUSTICE L'homme âgé de 45 ans avait passé 86 appels à Police Secours entre le 6 janvier et le 28 février dernier, notamment pour s'en prendre au chef de l'Etat. Le tribunal correctionnel de Bordeaux lui a aussi infligé une obligation de soins en matière d'alcool...

Mickaël Bosredon
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Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, à la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 24 février 2012.
Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, à la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 24 février 2012. — WITT/SIPA

Interpellé mercredi 29 janvier à son domicile à Bordeaux, William, 45 ans, auteur de 86 appels à Police-Secours entre le 6 janvier et le 28 février dernier, notamment pour menacer Nicolas Sarkozy, a été condamné jeudi 1er mars en comparution immédiate par le TGI de Bordeaux à trois mois de prison avec sursis et 18 mois de mise à l’épreuve. Il devra également suivre un traitement pour régler son problème d’alcool récurrent. La procureure avait demandé six mois avec sursis.

C’est sous l’emprise de l’alcool que l’individu passait ses appels, depuis chez lui. «Je vais tuer Sarkozy» ; «On m’a donné de l’argent, un million d’euros, pour tuer Sarko», menace-t-il, en plus d’insulter les policiers au bout du fil.

«Je ne sais pas pourquoi j’ai appelé» tente d’expliquer d’une voix quasiment inaudible le prévenu à la barre, qui reconnaît ses problèmes d’alcool. «Je n’étais pas bien, et toujours sous l’emprise de l’alcool quand je passais ces coups de fil.» L’idée de s’en prendre au chef de l’Etat et candidat à la présidentielle, lui est venue «en regardant les informations, lorsqu’elles parlaient des élections.»

Il ne pensait pas que cela prendrait ces proportions

L’homme avait passé les appels depuis son propre téléphone portable, si bien que les policiers ont facilement retrouvé sa trace. «J’ai aussi donné mon nom plusieurs fois lorsque j’appelais», croit-il se souvenir. «Je regrette d’avoir téléphoné, je ne pensais pas que cela prendrait des proportions aussi importantes» explique-t-il au tribunal. Il n'en était pas à son coup d'essai, puisque par le passé il avait déjà menacé en pleine nuit son employeur, une collectivité en charge de la restauration. Employé depuis six ans, William est en arrêt maladie depuis deux ans.

Son avocate, soulignant ses «difficultés à s’exprimer», son «introversion» et un état dépressif,  assure qu’il a aujourd’hui «pris la mesure de la gravité de ces appels».

En concubinage depuis seize ans, père de trois enfants, il a déjà tenté plusieurs traitements pour ses problèmes d'alcoolisme. Et il avait déjà pris rendez-vous dans une clinique près de Dax pour une cure de sevrage d'une semaine, qui débutera le 3 mars.