La tempête Klaus s'invite à la maison

RECYCLAGE Un collectif de designeuses rennaises a décidé de se servir du pin des Landes délaissé suite à la tempête Klaus, pour lancer une gamme de meubles...

A Rennes, Jérôme Gicquel

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La gamme de meubles issue du pin délaissé suite à la tempête Klaus.
La gamme de meubles issue du pin délaissé suite à la tempête Klaus. — COLLECTIF DESIGNEUSES 003

Fin janvier 2009. Klaus s’abat sur le sud-ouest de la France. La forêt d’Aquitaine, la plus importante cultivée en Europe, subit de plein fouet la violence de la tempête qui décime 200.000 hectares de pin. Six mois plus tard, Vanessa Vaugeois, Lara Hamdi et Marie Fontaine, trois anciennes diplômées de l’école des Beaux-Arts de Rennes, décident de se rendre sur place et de rencontrer les sylviculteurs et gardes-forestiers de la région. «Les professionnels de la filière bois étaient abattus. Plus aucun fabricant n’en voulait car il avait pris une teinte bleue à cause de l’humidité», explique Vanessa Vaugeois. L’idée d’une collection de meuble à partir de ce bois délaissé de tous mûrit tranquillement dans la tête des trois jeunes femmes.

Recherche de fabricants

Il faudra finalement attendre juin 2011 pour que le projet soit mis sur les rails suite à l’obtention par Marie Fontaine d’une bourse de 7.000€ de la Fondation de France. La somme sera directement réinvestie dans l’achat d’un stock de bois acheminé par camion vers la Vendée. C’est dans l’atelier de l’ébéniste Jérôme Bortolotto que la gamme de meubles, sobrement baptisée Klaus, voit le jour dans le courant de l’été. La collection est composée d’une bibliothèque, d’une table basse et de tabourets. «Le design des meubles est inspiré de la tempêtes avec des formes courbées qui rappellent la violence du vent. On valorise ce bois qui a été laissé de côté», précise Vanessa Vaugeois, la designer de la bande. Après avoir exposé leur travail au salon Maison Bois d’Angers en octobre, le trio, réuni au sein du collectif Designeuses 003, attend désormais le feu vert d’un fabricant pour lancer la commercialisation de la gamme. «On a déjà eu trois contacts, notamment avec un fabricant russe qui s’installe dans la région bordelaise.» Et d’autres idées fleurissent déjà dans la tête des trois jeunes femmes. «On s’intéresse également au chêne-liège qui a brûlé lors d’incendies en Corse l’été dernier».