Christine Bost: «Ne plus laisser la construction de la ville dans une seule main»

INTERVIEW Vice-présidente de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en charge des aménagements, maire d'Eysines, Christine Bost revient pour 20 Minutes sur le projet de création de la ligne D du tramway sur l'agglomération, et l'opération «50.000 logements» pour la CUB...

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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La vice-présidente de la Communauté urbaine de Bordeaux, et maire d'Eysines, Christine Bost
La vice-présidente de la Communauté urbaine de Bordeaux, et maire d'Eysines, Christine Bost — S.ORTOLA/20MINUTES

Le déménagement des concessionnaires autos au Bouscat est désormais sur la bonne voie. Ce dossier a-t-il retardé le projet de la ligne D du tramway?

Le chantier commencera bien au deuxième semestre 2014, pour une livraison fin 2016. La dizaine de concessionnaires situés avenue de la Libération au Bouscat, sur le tracé de cette ligne D, semblent prêts à étudier un déménagement sur un terrain de 7 hectares à Eysines. A l’origine ils souhaitaient un terrain plus grand, mais nous étudions avec eux la manière d’optimiser l’espace, en regroupant certaines fonctions, en réfléchissant à des concessions à étages… Il est clair que le long de cette ligne, il vaut mieux du logement et des services que des concessionnaires autos. Ce tramway doit contribuer à modifier la politique des déplacements sur la CUB, et sur Eysines il va transformer la ville qu’il traversera entièrement pour aboutir à la future ZAC Carès, sur laquelle nous prévoyons l’arrivée de 600 à 700 logements. Il s’agira d’un éco-quartier, piloté par la SPL, la société publique d’aménagement de la CUB, chargée de l’opération «50 000 logements». Elle se réunira pour la première fois le mois prochain, et va lancer les dossiers les plus avancés, par exemple à Mérignac-Soleil.

Le chef de l’Etat propose d’autoriser 30% de droits à construire supplémentaires sur les opérations de logement. Est-ce un bon levier pour doper la construction sur la CUB?

Le prix du foncier va augmenter encore plus avec ce dispositif. Un promoteur qui voudra racheter un terrain fera monter les enchères, avec à l’arrivée un prix au m2 encore plus élevé pour le particulier. Quand je vois un projet immobilier sur la ZAC de Floirac sortir à 3.800€/m2, nous n’avons pas besoin de cela. Notre idée de créer 50.000 logements à prix maîtrisé sur une quinzaine de sites proches des transports, et cette idée sont en opposition.

Comment comptez-vous maîtriser le prix de l’immobilier?

En négociant avec tous les partenaires. Nous étudions les prix proposés par les promoteurs, et lorsqu’ils sortent dans la fourchette haute, nous regardons ensemble pourquoi, est-ce à cause du prix du foncier, du coût des stationnements… Une place de parking enterrée revient à environ 30.000€, le promoteur la facture 40.000€. Parfois il y a deux places pour un logement, est-ce bien nécessaire, surtout quand la collectivité construit elle-même du stationnement à proximité? La réalisation par la puissance publique d’un transport en commun doit-elle faire flamber les prix des constructions? Je ne le pense pas. Nous ne voulons plus laisser la construction de la ville dans une seule main, cela doit être un travail collectif et partenarial.