Grand contournement (4/5) : Margaux milite pour Le Verdon-sur-Mer

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« Au pire, l'autoroute passe sur nos vignes. Au mieux, elle traverse les marais indispensables à l'équilibre hydrologique de notre terroir. » Gonzague Lurton, président du syndicat viticole de Margaux, résume ainsi l'impact qu'aurait le grand contournement de Bordeaux sur la prestigieuse appellation, menacée par trois des cinq tracés soumis jusqu'à fin juin à la concertation. « Entre 60 et 150 hectares pourraient disparaître sur un total de 1 500 », estime-t-il. Particulièrement concerné, le château d'Angludet, à Cantenac, se trouve « en plein dans le tracé numéro 3 », s'alarme son propriétaire, Benjamin Sichel. Il ne peut concevoir qu'une autoroute traverse sa propriété « ancienne de plus de trois siècles ». « En tout cas, ce projet choque énormément à l'étranger », note le président du syndicat.

Le tracé définitif devra néanmoins être choisi en septembre. « Il faut ouvrir d'urgence le débat avec la direction de l'équipement et envisager l'intérêt économique du projet », souligne Gonzague Lurton. Pour lui, il serait préférable de desservir le port du Verdon, plutôt que de passer au ras de l'agglomération bordelaise. « Ce tracé, consensus politique de bas étage, n'a aucun sens, conclut-il. Nous n'attendons plus rien des politiques. »

Marion Guillot

En appellation margaux, un hectare de vignes se négocie entre un et deux millions d'euros. Afin de préserver ce patrimoine, le syndicat viticole a lancé une pétition sur le site www.margaux-danger.com