Sogerma, le débat sur la fermeture du site reporté

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Temps gagné ou perdu pour les salariés de la Sogerma ? Après le moratoire accordé jeudi par EADS à la demande du gouvernement, l'annonce officielle de la fermeture du site de Mérignac et du plan social a été retirée de l'ordre du jour du comité central d'entreprise, qui se tient aujourd'hui. Il portera sur « la situation de l'entreprise et la problématique industrielle du site », précisait hier Philippe Lozano, porte-parole de l'intersyndicale.

Mais les syndicats ne se font « aucune illusion ». Si « le bras de fer est lancé » avec EADS, l'érosion des forces vives de la Sogerma devient chaque jour plus préoccupante. En effet, les 500 reclassements proposés par EADS début mai sont maintenus. Et l'issue du débat sur l'avenir du site reste incertaine. « Les salariés sont déstabilisés, avoue Philippe Lozano. On leur met la pression pour qu'ils quittent l'entreprise, Dassault est à l'affût pour récupérer le personnel qualifié... Mais pour répondre à un nouveau projet industriel, il ne faut pas que les compétences s'en aillent. » Salariés et élus sont convaincus que la Sogerma a un beau potentiel. « Le personnel est prêt à se remonter les manches et relever le défi d'un nouveau projet », affirme Philippe Lozano.

Spécialisée dans la maintenance d'avions, la filiale d'EADS compte 1 050 salariés à Mérignac et près de 4 000 emplois de sous-traitance. Après l'annonce de sa fermeture, le 12 mai, la mobilisation a été immédiate. Vendredi, le ministre du Travail, Gérard Larcher, a précisé que « le Premier ministre [était] déterminé et n'admettrait pas une fermeture complète du site ». L'intersyndicale devait être reçue hier soir, à Paris, par Noël Forgeard, coprésident d'EADS. Demain, les salariés ont prévu de se rendre à Paris, pour manifester devant le siège de leur maison-mère.

Marion Guillot