Les prés salés d'Arès, une richesse de biodiversité

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Les prés salés d'Arès.
Les prés salés d'Arès. — DR

Des paysages rares, mais qui recèlent un écosystème riche. Les prés salés représentent moins de 1 % du département de la Gironde. D'une surface de 200 hectares, ceux d'Arès et de Lège forment une zone tampon entre le bassin d'Arcachon et les lacs d'Hourtin et de Lacanau, qui viennent se déverser dans la lagune. Ce milieu qui mélange le marin et l'eau douce attire, à marée haute, toute une population de poissons, anguilles, petits bars, mulets et gobies. « Il n'y a pas beaucoup de variété d'espèces, mais elles sont en abondance » explique Jérôme Allou, de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Avec l'Irstea, la fédération départementale pour la pêche, et l'université de Bordeaux-I, ils ont réalisé pour la première fois une étude sur ce milieu particulier.* « Les prés salés jouent un rôle de nurserie, et de nourricerie, pour ces espèces. Elles s'y plaisent car elles trouvent des invertébrés en abondance, et sont à l'abri des gros prédateurs » explique Alice Laharanne, chargée de mission à la fédération pour la pêche. Les spécialistes ont également trouvé deux espèces exogènes, un crabe et une crevette. « Nous ne savons pas encore si elles sont invasives, les prochaines études nous le montreront. » Pour les anguilles, c'est une zone à la fois de transit et d'habitat. C'est de là que les jeunes anguilles, ou civelles, empruntent le canal des étangs pour rejoindre les lacs médocains. Les prélèvements révèlent que leur nombre aurait été divisé par quatre en quatre ans.M. B.