Le Blayais à l'épreuve de la visite décennale

Mickaël Bosredon

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La centrale nucléaire du Blayais est âgée de 30 ans.
La centrale nucléaire du Blayais est âgée de 30 ans. — S.ORTOLA/20MINUTES

La centrale nucléaire du Blayais se prépare à sa troisième visite décennale. En mars, le réacteur numéro un mis en service il y a trente ans, devra s'arrêter durant trois mois pour permettre une inspection approfondie menée par les agents de l'Autorité de sûreté nucléaire. Ils devront valider la poursuite de l'exploitation de ce réacteur à eau pressurisée pour les dix prochaines années. Les trois autres réacteurs de la centrale, d'une puissance de 900 MW chacun, seront inspectés à leur tour les trois prochaines années.
Etienne Dutheil, directeur de la centrale, est serein. « La procédure a été validée en interne. Et le niveau « bon » en terme de sûreté nous a été renouvelé à la suite des inspections menées l'an passé. » L'ASN a mené vingt-trois inspections, dont une inopinée, en 2011. Les agents de l'autorité ont notamment mené une inspection poussée de quatre jours après le drame de Fukushima, portant principalement sur le risque inondation, et, malgré « quelques incohérences relevées » a jugé la maîtrise de ce risque « satisfaisante ».

Un arrêt automatique
de réacteur
De son côté la centrale a déclaré trente-et-un événements « significatifs », mais sans gravité, au cours de l'année. Un arrêt automatique d'un réacteur s'est également déclenché, « suite à une erreur humaine. Un technicien s'est trompé de bouton. Ce sont des choses qui peuvent arriver au vu des milliers de manipulation qu'il faut effectuer dans l'année. Le réacteur a été remis en marche au bout de quelques heures. » Le dernier arrêt automatique remontait à fin 2009.
Un incident qui n'a pas eu de conséquence sur le fonctionnement de la centrale. Celle-ci a produit en 2011 25,9 Twh, soit « 120 % de la consommation électrique d'Aquitaine. » Toute l'électricité produite au Blayais n'est pas pour autant destinée à la région. « L'origine de l'électricité en Aquitaine provient à 89 % du nucléaire, à 8 % d'énergies renouvelables, essentiellement de l'hydraulique, et à 3 % du fossile. » L'arrêt du réacteur numéro un en 2012 devrait diminuer « d'environ 3%» la production.